Alors que la France fait face à une démographie en déclin, l'historienne Anne-Sarah Moalic-Bouglé souligne l'importance de considérer la parentalité sous un jour plus positif. Elle évoque les exemples des pays scandinaves, où l'implication des deux parents dans la vie des enfants est normale et bien vue.
Dans son analyse, elle fait référence à l'œuvre La Servante écarlate de Margaret Atwood, où un fort déclin de natalité entraîne des conséquences dramatiques pour les droits des femmes. Alors que le nombre de décès dépasse celui des naissances en France pour la première fois depuis des décennies, ces réflexions semblent plus pertinentes que jamais.
Les femmes sont souvent désignées comme responsables de cette tendance. Avec la montée du travail féminin, la contraception et l'évolution des mœurs, elles choisissent souvent la indépendance par rapport à la maternité. L'économiste et sociologue Véronique Jomier, citée par Le Monde, mentionne des facteurs comme le coût élevé de l'éducation et l'incertitude économique comme des éléments qui freinent la décision d'avoir des enfants.
Le rapport au temps est également crucial. Les jeunes parents sont souvent acculés par leurs responsabilités professionnelles. L'écrivain et père de trois enfants, Thomas Legrand, explique : "De nos jours, il est difficile de jongler entre carrière et vie familiale sans sacrifier l'un ou l'autre." Ce constat alimente un débat sociétal sur la nécessité d'un meilleur équilibre entre vie familiale et professionnelle.
Une parentalité désirable : le modèle scandinave à l'honneur
Les pays scandinaves se prévalent d'une parentalité hébergée par un environnement social protecteur et inclusif. Là-bas, les congés parentaux sont souvent partagés, permettant aux pères de s'impliquer activement dans l'éducation des enfants. Cela pourrait-il être adapté à la réalité française ?" Madame Moalic-Bouglé lance ainsi un appel : "Il est essentiel d'intégrer les politiques familiales et d'éduquer la société à voir la parentalité comme un choix épanouissant et enrichissant."
La question fondamentale demeure : que signifie élever un enfant dans une société qui valorise de plus en plus l'individualisme ? Le monde contemporain, marqué par des crises environnementales et des tensions géopolitiques, peut apparaître comme anxiogène, amenant ainsi de nombreuses personnes à remettre en question leur désir de fonder une famille.
Les politiques actuelles en France, bien que diversifiées, comme les congés de naissance et les prestations familiales, semblent insuffisantes. "Pour inciter les couples à fonder une famille, il est nécessaire d'aller au-delà des mesures financières et de créer un véritable cadre de vie favorable à la parentalité," conclut l'historienne.
(*) Historienne, Université de Caen Normandie.







