Depuis le lundi 26 janvier, le site du Cedre, situé au port de commerce de Brest, voit se déployer des moyens matériels et humains considérables. Cette semaine, le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux organise un exercice sans précédent, baptisé OPOLL-26. Près de 70 participants sont mobilisés pour assurer la sécurité maritime.
Un fût d'huile immergé dans un bassin artificiel
Après une simulation de déversement de méthanol, le scénario évolue avec un container immergé dans le bassin artificiel du Cedre. À l'intérieur, un fût ouvert laisse s'échapper de l'huile végétale colorée. Deux plongeurs, équipés d'un matériel hautement spécialisé, préparent leur descente. "Ils seront reliés à la surface par des câbles fournissant de l'air, et porteront une combinaison en surpression"," explique le capitaine de vaisseau Gauthier Dupire, directeur du CEPPOL.
Après un briefing, les plongeurs s'immergent pour effectuer la manœuvre de récupération. Grâce à des caméras installées sur leurs casques, toute l'opération est suivie en temps réel dans un poste de commandement mobile. Le fût dans lequel l'huile s'est déversée est ensuite transféré vers un conteneur plus grand pour contenir la pollution.
Une occasion rare de s'entraîner en conditions réelles
De retour à la surface, les plongeurs passent par un dispositif de décontamination géré par quatre marins-pompiers de la section risques technologiques, sous la supervision du maître principal Nicolas Lebreton. Selon lui, cet exercice est crucial : "C'est un défi logistique que nous menons pour former un maximum de personnel ; les occasions d'un tel entraînement se font rares, mais nous visons au moins une session par an avec les plongeurs-démineurs".
Des partenaires technologiques en soutien
L'ENSTA Bretagne participe également à l'exercice avec son robot sous-marin, Pinky, muni de caméras et de capteurs variés. "Ces conditions de travail sont exceptionnelles pour tester nos algorithmes et appareils," se réjouit Lionel Lapierre, enseignant à l'école. Ce type d'exercice attire également de nombreux observateurs, y compris des marins-pompiers de Marseille, des gendarmes maritimes et des magistrats.
35 conteneurs perdus en mer ces derniers jours
La menace de pollution chimique demeure une préoccupation majeure, notamment au large des principaux ports commerciaux. "La plupart des substances transitent par voie maritime, et les incidents peuvent survenir autant par les cargaisons que par les navires eux-mêmes," signale le capitaine de corvette Thomas Evrard, commandant du groupe des plongeurs-démineurs de l'Atlantique.
Ce risque augmente avec la trafic maritime en expansion. D'ailleurs, récemment, 35 conteneurs ont été perdus en mer suite à des tempêtes dans la Manche et la Mer du Nord, toutefois, aucun d'entre eux ne contenait de matières dangereuses, ce qui a permis au Cedre de ne pas être sollicité.







