En 2025, la France a enregistré 2.489 actes anti-religieux, un chiffre similaire à celui de 2024, selon le ministère de l'Intérieur. Cette situation inquiétante montre que plus de la moitié de ces actes sont des manifestations d'antisémitisme.
Bien que les actes antisémites aient diminué de 16 % pour atteindre 1.320, ce chiffre reste historiquement élevé. En revanche, les agressions anti-musulmanes ont explosé, enregistrant une augmentation de 88 %, avec 326 incidents. Les actes dirigés contre la chrétienté ont également connu une hausse de 9 %, totalisant 843 faits.
Dans ce climat tendu, le ministère s'engage à organiser des assises nationales et territoriales pour lutter contre ces actes, comme l'a annoncé le président de la République lors de ses vœux en janvier. Cependant, aucune date n'a encore été fixée pour ces rencontres.
Selon le ministère, les actes antisémites ont atteint leur seuil le plus élevé depuis 25 ans, avec une forte augmentation depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Entre 2023 et 2024, ces actes ont été multipliés par quatre. Notons qu'ils représentent 53 % des actes anti-religieux, alors que les juifs en France ne constituent qu'un pourcentage réduit de la population.
L'année a été marquée par des agressions notables, comme celles du rabbin Arié Engelberg à Orléans et du rabbin Elie Lemmel à Deauville, où les individus ont été les cibles principales de l'antisémitisme, représentant 67 % des incidents.
"Un antisémitisme libéré par le 7 octobre est aujourd'hui observable et semble persister", a commenté Yonathan Arfi, président du Crif, au micro de l'AFP. Par ailleurs, le Service de Protection de la communauté juive (SPCJ) a noté que près d'un tiers des incidents recensés étaient liés à une rhétorique anti-israélienne.
Le SPCJ met également en lumière une "dynamique préoccupante" dans le milieu professionnel, avec une montée en flèche des signalements d'exclusions et de refus de services basés sur la religion. La sphère publique demeure le lieu de prédilection pour ces actes, totalisant 31 % des faits.
Najat Benali, présidente de la Coordination des associations musulmanes de Paris, a rapporté que le chiffre de 326 actes anti-musulmans ne reflète sans doute pas la réalité, car un grand nombre des victimes choisissent de ne pas porter plainte.
Les agressions physiques, verbales et la haine en ligne constituent 64 % des actes envers les musulmans. Mme Benali a également exprimé ses préoccupations face à la prolifération des discours islamophobes et racistes, craignant que cela ne s'aggrave à l'approche des élections de 2027.
2025 a également vu des tragédies comme les assassinats d'Aboubakar Cissé et d'Hichem Miraoui, qui doivent être intégrés dans la mémoire collective comme des actes de violence religieuse inacceptables, comme l'a affirmé Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande mosquée de Paris.
Concernant les actes contre les chrétiens, 87 % d'entre eux concernent des atteintes aux biens. Cependant, les agressions physiques, verbales ou en ligne ont enregistré une augmentation de 70 % cette année, illustrée par le meurtre d'Ashur Sarnaya dans le Rhône, le 10 septembre 2025. Cette année marquera également le dixième anniversaire de l'assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray.







