Le samedi 14 mars, une quarantaine de bénévoles se sont réunis sur une parcelle de deux hectares et demi de l'oliveraie bio de Marisa et Nicolas Bousselaire à Saint-André-de-l'Eure. Ils ont replanté leurs 722 jeunes oliviers, arrachés un à un l'été dernier. Ce vol honteux a frappé fort, mais leur esprit de communauté et de reconstruction est bien plus fort.
Marisa, qui a déposé plainte, n'a toujours pas retrouvé l'auteur de ce vandalisme. Néanmoins, elle et Nicolas gardent espoir et ont décidé de se relever avec le soutien de leurs amis et de leur famille.
« Là, on est en train d'enlever le petit plastique protecteur qui entoure la motte de l'olivier », explique Sabrina, une amie de la famille, qui aide à préparer le terrain. « Ensuite, on positionne les plans d’oliviers pendant que d'autres viennent les recouvrir. Nous sommes les petites mains avant les gros bras. »
Les « gros bras » en question sont ceux qui utilisent un enfonce-pieu thermique pour installer des tuteurs en bois dans le sol encore frais. « Pour éviter que des chevreuils et des lièvres ne mangent les jeunes oliviers, il est essentiel de les maintenir droits », précise Nicolas, qui a investi dans cet appareil, jugeant que la méthode traditionnelle était trop épuisante.
L'entraide et la solidarité sont bien plus fortes que cet acte
Pierre, un ami proche, évoque la première plantation et dit : « Je suis venu planter les oliviers avec mes enfants pour leur enseigner les valeurs de la nature. Cette destruction gratuite est incompréhensible ! » La situation a mobilisé des fonds par le biais d'une cagnotte en ligne qui a récolté plus de 10 000 euros pour racheter des plants d'oliviers provenant du Portugal, d'où est originaire Marisa.
« Ce projet est cher à mon cœur. La solidarité montre que nous n'abandonnerons pas malgré cet acte isolé », affirme Marisa. « Reconstruire, c'est une manière de leur prouver qu'ils ont tort. »
Bientôt une huile d'olive euroise ?
Deux associations de défense de la biodiversité, dont Cap au Vert, se sont également engagées dans cette belle initiative. Corinne, la présidente, confie : « Nous voulons soutenir la biodiversité et participer à cette plantation, même en Normandie cela semble inusité. »
Quant à l'avenir, Marisa espère produire une huile d'olive 100 % euroise. « C'est mon objectif. » Pourtant, les oliviers demandent du temps. Ils mettront cinq à sept ans pour donner leurs premiers fruits.







