Téhéran a confirmé ce mardi la mort d'Ali Larijani, le chef influent de la sécurité nationale, dont l'élimination pourrait compliquer toute issue négociée au conflit actuel. La presse internationale évoque une véritable rupture dans la dynamique du pouvoir en Iran.
“L'assassinat d'Ali Larijani représente un tournant majeur dans le contexte déjà tendu du Moyen-Orient,” rapporte L'Orient - Le Jour. Larijani a été tué lors d’une frappe israélienne, une action qui, selon les autorités iraniennes, sera suivie de représailles. Mercredi, le général Amir Hatami a affirmé que cette perte sera « vengée » et les Gardiens de la Révolution ont déjà réalisé une attaque avec des missiles sur Tel-Aviv en réponse à l'assassinat, qui a également causé des morts parmi des civils selon le Jerusalem Post.
“Après la disparition du guide suprême Ali Khamenei, la mort de Larijani fragilise encore plus le régime en retirant une voix pragmatique, capable de militer en faveur de négociations,” souligne L'Orient - Le Jour. Cette situation laisse présager une centralisation du pouvoir entre les mains de figures plus radicales et sécuritaires, réduisant la possibilité d'une sortie par le dialogue.
“Israël élimine les modérés dans le régime iranien”
Le quotidien libanais mentionne que cette tragédie pourrait modifier de manière significative l'équilibre des forces à Téhéran. “Larijani représentait un courant en faveur de la diplomatie, ce qui le rendait vulnérable aux offensives israéliennes,” explique un analyste politique. La récente agitation autour de possibles discussions entre les diplomates iraniens et américains prouve l'existence d'une tendance à chercher des solutions pacifiques.
Pourtant, les experts estiment que la stratégie d'Israël consiste à affaiblir toutes les figures susceptibles de dialoguer avec Washington. Ali Alfoneh, chercheur, a déclaré au L'Orient - Le Jour : “Israël cible toute personne pouvant ouvrir la voie à des négociations.”
“L'absence de Larijani soulève des inquiétudes quant à une radicalisation de l’État iranien,” avertit l'analyste. Les assassinats ciblés de dirigeants iraniens augmentent cet état de tension, renforçant les acteurs les plus durs dans le régime et étouffant les voix plus modérées.
Une ambiance d'anxiété à Téhéran
Le sentiment de vulnérabilité s’est largement répandu au sein du gouvernement, témoigne un rapport du New York Times. “Nous craignons tous pour notre sécurité,” confie un officiel, évoquant une atmosphère de peur parmi les dirigeants, avec des interrogations sur la prochaine cible d'Israël.
Certaines voix se demandent déjà si cette élimination pourrait entraîner un effondrement rapide de la République islamique. Le Times of Israel soulève une question cruciale : “Suffira-t-elle à précipiter l’effondrement du régime ?” Bien que des signes d’instabilité se multiplient, le régime iranien est encore soutenu par des alliés solides comme le Hezbollah et le Hamas, qui ont traversé des tempêtes similaires sans pour autant s’effondrer.
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a exploitée immédiatement cette dynamique, invitant les Iraniens à célébrer « la Fête du feu », dans l’espoir de voir se rassembler ceux qui seraient en désaccord avec le régime. Cette stratégie témoigne de la volonté d'Israël de semer le trouble au sein même de la République islamique, alors que la tension ne fait qu'augmenter.







