Mathilde Durand
Publié le 19 mars 2026
L'essentiel
- Raúl Guillermo Rodriguez Castro, petit-fils de Raúl Castro, a été impliqué dans des pourparlers secrets avec les États-Unis.
- Ce quadragénaire proche du pouvoir est considéré comme un héritier du système politique cubain.
- Son profil reste cependant énigmatique et complexe.
Les relations entre Cuba et les États-Unis semblent se réchauffer avec des discussions en cours pour résoudre les différends bilatéraux. Cette dynamique a été confirmée par le président cubain, Miguel Díaz-Canel, lors d'une récente allocution où Raúl Guillermo Rodriguez Castro était présent. En effet, ce dernier est présenté comme un acteur clé dans les pourparlers secrets avec Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine d'origine cubaine.
Un homme de l'ombre
Né dans les années 1980, Raúl Guillermo est le petit-fils de Raúl Castro, ancien président et figure marquante de la révolution cubaine. Ancien garde du corps personnel de son grand-père, il a acquis une certaine notoriété en tant que chef de la Direction générale de la sécurité personnelle. Marie-Laure Geoffray, maîtresse de conférence à l'Université Sorbonne Nouvelle, souligne qu'il est colonel au ministère de l'Intérieur et qu'il a ainsi un accès privilégié aux cercles de pouvoir.
Son père, Luis Alberto Rodríguez López-Calleja, était un influent dignitaire au sein du régime cubain, à la tête du « GAESA », un conglomérat économique contrôlé par l’armée. Cette musique de pouvoir familial contribue à forger l'identité politique de Raúl Guillermo, bien qu'on le considère moins comme un successeur potentiel que comme un membre d'une élite privilégiée.
Un héritier aux pieds d'argile
Raúl Guillermo est parfois désigné par le surnom « El Cangrejo », en raison d'une malformation congénitale. Des médias indépendants exilés le décrivent comme menant une vie luxueuse, en voyageant en jets privés, mais ces allégations servent souvent à critiquer les inégalités croissantes à Cuba. Un professeur ayant coécrit un ouvrage sur l'histoire cubaine note que dans une période de crise économique, ces informations illustrent le fossé entre les privilégiés et les citoyens ordinaires.
La situation économique de Cuba est particulièrement délicate, marquée par l'embargo et un recentralisation des ressources qui aggrave les conditions de vie sur l'île. Des mesures récentes permettent à la diaspora cubaine d'investir dans divers secteurs, mais restent insuffisantes aux yeux des critiques.
Une position stratégique
Malgré son appartenance à l'élite cubaine, le rôle de Raúl Guillermo dans les négociations est perçu avec prudence par les experts. Bien que ses relations familiales et son statut lui offrent des connexions importantes, sa légitimité politique est mise en question. Marie-Laure Geoffray déclare qu'il n'a pas le profil d'un négociateur et qu'il ne peut pas être considéré comme une planche de salut pour la transition du pays. En parallèle, Thomas Posado, maître de conférences à l'Université de Rouen, nuance en disant : « Les États-Unis ne peuvent pas s'attendre à ce qu'il joue un rôle central dans la dissolution du régime cubain. »







