Une étude récente révèle que jusqu’à 19 millions de cas de cancers additionnels pourraient survenir en Chine d'ici 2050, notamment en raison de la consommation de riz. Cet aliment de base, présent dans des plats comme le risotto ou la paella, contient naturellement de l’arsenic, une substance potentiellement cancérogène.
L'arsenic, que l’on retrouve sous deux formes, organique et inorganique, est reconnu pour sa toxicité. Les chercheurs des États-Unis et de Chine, dans une étude publiée dans The Lancet, montrent que des conditions climatiques accrus, telles qu’une augmentation de 2°C de la température et une concentration plus élevée de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, pourraient intensifier l’accumulation d’arsenic dans le riz. Cette situation soulève une question cruciale : devons-nous nous inquiéter ?
Les effets du réchauffement climatique sur le riz
Les chercheurs ont mené des expériences en simulant les conditions de 2050 et ont constaté que ces changements climatiques favorisent l’absorption d’arsenic par le riz. Cela s’explique par une augmentation de sa biodisponibilité dans le sol. Christophe Nguyen, chercheur à l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), explique que l'arsenic devient accessible pour les racines du riz à travers des microorganismes dans le sol, qui sont stimulés par la chaleur.
Un cadre réglementaire protecteur en Europe
Bien que la situation soit inquiétante, il est important de rappeler que l'Union européenne possède l’une des réglementations les plus strictes concernant le taux d’arsenic dans les aliments. Depuis 2023, le niveau d’arsenic dans le riz blanc ne doit pas dépasser 0,15 milligramme par kilogramme. De plus, les variétés de riz qui dépassent 0,23 mg par kg ne pourront pas être commercialisées.
En France, Christophe Nguyen affirme que la réglementation se renforce continuellement, ce qui réduit les risques pour les consommateurs. Les oncologues, comme Dr Jérémie Zeitoun, insistent sur le fait que le risque principal provient d'une exposition chronique, plutôt que ponctuelle, et que manger du riz durant un voyage ne devrait pas poser de problèmes significatifs.
Stratégies pour minimiser l'exposition
Pour ceux qui désirent réduire leur exposition à l'arsenic, voici quelques recommandations :
- Privilégiez le riz basmati, souvent moins chargé en arsenic que le riz américain.
- Rincez le riz à l’eau claire avant la cuisson pour éliminer les résidus en surface, y compris l’arsenic.
- Faites cuire le riz dans un volume d’eau abondant, ce qui peut réduire la teneur en arsenic de jusqu'à 50%.
Pour les personnes vivant dans des régions avec une réglementation moins stricte, modérer la consommation de riz, surtout auprès des jeunes enfants, est conseillé. Alternatives comme le quinoa ou la patate douce peuvent également contribuer à varier les sources de glucides.
Dans l'avenir, des avancées en génétique végétale pourraient également offrir des variétés de riz moins susceptibles d'accumuler de l'arsenic, ouvrant ainsi la voie à des solutions durables face à ce problème de santé publique.







