En date du 26 février 2024, un nouveau décret impose aux entreprises de substituts végétaux de modifier les appellations de leurs produits. Fini les termes tels que "steak végétal" ou "jambon végan" ! Ce changement, motivé par les représentants de la filière boucherie, vise à empêcher toute confusion pour les consommateurs, pouvant ainsi éviter l’achat involontaire d’un produit à base de soja au lieu d’une vraie pièce de bœuf. De même, les boissons végétales ne peuvent plus se qualifier de "lait".
Quels termes seront donc acceptés pour les substituts carnés et d'où vient cette résistance ? Ce texte en explique les tenants et aboutissants, sans porter de jugement sur les choix alimentaires.
Pourquoi les substituts végétariens sont-ils recherchés ?
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, de nombreux végétariens et végans n'abandonnent pas la viande uniquement pour des raisons de goût. Souvent, leur choix est guidé par des convictions personnelles, qu'il s'agisse de considération pour le bien-être animal ou des conséquences environnementales de l'élevage. Malgré leur décision, l'attrait pour les saveurs et textures de la viande persiste. Les substituts végétaux leur offrent une occasion de maintenir des sensations culinaires tout en respectant leurs valeurs.
À signaler : Bien que les substituts apportent protéines et matières grasses, ils contiennent généralement des glucides, à l'exception notable du tofu. Cela est essentiel à considérer pour ceux qui suivent un régime spécifique.
Au-delà des véganes et végétariens, ces produits attirent également ceux qui cherchent à réduire leur consommation de viande pour divers motifs, notamment écologiques et sanitaires.
Détails du décret du 26 février 2024
Le Décret n° 2024-144 interdit l'usage de 119 appellations liées aux produits d'origine animale pour désigner des alternatives végétales, limitant ainsi le terme utilisé à ces derniers. Les fabricants doivent se conformer dans un délai de trois mois pour adapter leurs emballages et disposent d'une année pour écouler leurs stocks restants. Les sanctions financières peuvent être significatives, atteignant jusqu'à 7 500 euros pour les organisations.
Cette décision, perçue par certains comme une inégalité entre producteurs français et étrangers, souligne la tension existante dans le marché. Les professionnels du secteur boucher/churchuterie craignent que ces changements nuisent à leurs ventes en augmentant la confusion parmi les consommateurs.
Les enjeux pour les fabricants de substituts végétaux
La mise en œuvre de ce décret pourrait affecter la visibilité de ces produits sur le marché. Les termes familiers comme "steak" ou "saucisse" facilitent le choix pour les consommateurs cherchant à réduire leur consommation de viande. Cependant, les entreprises devront maintenant innover pour communiquer efficacement leurs alternatives. Cela pourrait stimuler la créativité, leur permettant d'imaginer de nouvelles appellations ou de mettre en avant d'autres caractéristiques de leurs produits.
En parallèle, la réglementation des laits végétaux se renforce également, interdisant par exemple l'utilisation de "lait" dans des termes tels que "lait de soja". Cette approche vise à éviter toute confusion, tout en préservant l'identité des produits laitiers traditionnels.
Ces nouvelles restrictions génèrent des débats passionnés. D’un côté, des voix s’élèvent pour défendre la clarté et l’authenticité des produits ; de l’autre, on pointe du doigt un frein à l'innovation et à une consommation responsable. En évoluant vers des pratiques alimentaires conscientes, ces défis devront bientôt être relevés par les différentes industries concernées.







