Vous envisagez de faire un don manuel à un proche ? Avant de vous lancer, il est essentiel de saisir les spécificités de cette démarche.
Réaliser un don d’argent ou d’autres biens sans passer par un notaire est tout à fait possible. Néanmoins, cette opération est soumise à des règles particulières qu'il est impératif de connaître.
Qu'est-ce qu'un don manuel ?
Un don manuel est un acte par lequel un donateur remet un ou plusieurs biens meubles à un bénéficiaire, qui accepte cette donation. Selon l'article 757 du Code général des impôts, cette forme de donation est caractérisée par la remise matérielle d’un bien. Il faut noter qu'elle ne peut pas inclure des biens immeubles, ce qui nécessite l'intervention d'un notaire.
Conditions pour effectuer un don manuel
Pour réaliser un don manuel, les conditions suivantes doivent être respectées :
- Le donateur doit être âgé de moins de 80 ans au moment du don ;
- Le donataire doit être majeur ou mineur émancipé.
Il est aussi crucial que les deux parties soient d'accord. Une fois le don effectué, celui-ci devient irrévocable, sauf pour certains cas de donations entre époux.
Types de biens concernés par le don manuel
Le don manuel peut concerner plusieurs catégories de biens :
- Les meubles : mobilier, bijoux, etc. ;
- Les sommes d’argent : via chèque, espèces ou virement ;
- Les valeurs mobilières : actions, obligations.
La transmission des biens se fait directement entre le donateur et le donataire.
Évaluation des biens donnés
L’évaluation des biens est déterminée au moment de la déclaration ou de la remise matérielle. Selon la nature des biens, différentes règles d’évaluation s’appliquent :
- Bijoux et objets d'art : estimation dans un contrat d'assurance, ne devant pas être inférieure à 60 % de la valeur ;
- Valeurs mobilières cotées : selon le dernier cours connu en bourse ;
- Valeurs mobilières non cotées : valeur vénale réelle ;
- Biens meublés donnés en nue-propriété ou usufruit : la valeur dépend de l'âge de l'usufruitier.
Cette évaluation est cruciale pour le calcul des droits de donation et pour éviter de futurs litiges.
Procédure pour effectuer un don manuel
Le processus d'un don manuel est relativement simple : il suffit de transmettre physiquement le bien. Bien que le donateur n'ait pas besoin de formaliser la transmission, informer les héritiers de ce don est conseillé pour éviter des malentendus.
Le notaire intégrera le don manuel dans le calcul de la part successorale. Pour faciliter les choses, le donateur pourrait demander aux autres héritiers de renoncer à leur part de l'héritage.
Impact du don manuel sur la succession
Si un don manuel est fait sans rapport, le bénéficiaire ne doit pas tenir compte du bien lors de la succession. En revanche, si le don est avancé sur la part successorale, le donataire devra en faire rapport à la succession.
Déclaration du don manuel
Il est obligatoire d’informer l’administration de l’existence d’un don, même sans droits à payer. Pour ce faire, il suffit de compléter un formulaire sur le site impots.gouv.fr.
Cette déclaration permet d’éviter des conflits familiaux et, sous certaines conditions, d'obtenir des avantages fiscaux.
Fiscalité applicable
Les dons manuels sont soumis aux droits de donation. Des abattements peuvent être appliqués si certaines conditions sont remplies :
- Si l'acte de donation est présenté aux services d’enregistrement ;
- Si le bénéficiaire le révèle au fisc dans un mois ;
- Si le bénéficiaire déclare spontanément le don reçu lors de la succession.
Le calcul des droits s'effectue sur la valeur des biens transmis.
Précautions à prendre avant de procéder à un don manuel
Avant de faire un don manuel, plusieurs étapes sont recommandées :
Évaluer correctement la valeur des biens
Obtenez une estimation précise pour éviter des litiges avec le fisc et garantir une répartition équitable entre héritiers.
Informer les héritiers
Avis aux héritiers pour éviter malentendus et litiges futurs. S'assurer que les dons ne nuisent pas à la part réservée des héritiers.
Conserver les preuves du don
Rédigez un document attestant le don, même en l'absence de formalité, pour des raisons de clarté et de sécurité.
Vérifier les conséquences fiscales
Comprendre les implications fiscales, qui dépendent des liens familiaux et des abattements en vigueur.
Consulter un notaire
Bien que le notaire ne soit pas toujours nécessaire, une consultation peut apporter des conseils utiles et préparer la suite.
Éviter les contestations
Envisager une donation-partage peut aider à éviter des litiges en fixant les valeurs des biens au jour de leur donation.







