Lorsqu'une donation est effectuée, des frais sont dus pour la rédaction de l'acte par un notaire. Mais comment ces frais sont-ils déterminés ? Sont-ils négociables ? Voici les éléments clés à retenir.
L’obligation de recourir à un notaire
Pour toute donation, sauf pour les dons manuels (comme de l'argent ou des bijoux transférés directement), il est impératif de faire appel à un notaire. Cette exigence légale vise à garantir l'authenticité de la donation et à protéger les parties impliquées, surtout le donateur. Le notaire a pour rôle de s'assurer que la décision de donner est prise librement et que toutes les implications sont bien comprises.
Les frais de notaire : un tarif réglementé
Les frais liés à la rédaction d'un acte de donation sont encadrés par la loi et uniformes sur l'ensemble du territoire français. Ils sont basés sur un barème progressif. La valeur des biens transmis détermine les frais selon plusieurs tranches :
- De 0 à 6 500€ : 2,322% HT
- De 6 500€ à 17 000€ : 0,958% HT
- De 17 000€ à 60 000€ : 0,639% HT
- Au-delà de 60 000€ : 4,837% HT
Les frais pour biens immobiliers : un barème spécifique
Pour une donation de biens immobiliers, les frais de notaire se répartissent comme suit :
- De 0 à 6 500€ : 4,837% HT
- De 6 500€ à 17 000€ : 1,995% HT
- De 17 000€ à 60 000€ : 1,33% HT
- Au-delà de 60 000€ : 0,998% HT
Démembrement de propriété : des calculs complexes
Lorsque la donation implique un démembrement de propriété, le calcul des frais devient plus compliqué. Par exemple, si la nue-propriété d’un bien est donnée tout en conservant l’usufruit, les émoluments seront basés sur la pleine valeur du bien. Inversement, si l’usufruit appartient à une autre personne, les frais seront calculés sur la valeur de la nue-propriété.
Dans le cas où seul l'usufruit est donné, les frais seront soit basés sur la valeur de l'usufruit au moment de la donation, soit sur la différence de valeur entre l'usufruit et la nue-propriété si celle-ci a déjà été donnée.
Acceptation différée de la donation
Il est possible de ne pas accepter immédiatement une donation. Dans ce cas, une "donation non acceptée" sera rédigée, réduisant les frais de notaire d'environ 25%. Lors de l'acceptation ultérieure, un second acte sera signé et le quart restant des frais sera exigé.
Peut-on négocier les frais de notaire ?
Oui, les notaires ont la possibilité d’accorder des remises exceptionnelles sur leurs émoluments. Ces réductions, bien que réglementées, peuvent varier d’une étude notariales à l'autre, et doivent être clairement annoncées à tous les clients.
Qui prend en charge les frais de notaire ?
En règle générale, c'est le donataire qui paie les frais de notaire. Cependant, le donateur peut choisir de régler ces frais pour le compte du donataire, sans que cela constitue une donation supplémentaire. En pratique, ce sont souvent les donateurs qui s'acquittent de ces frais. La décision de qui va payer dépend d'un accord entre le donateur et le donataire.
Ces informations ont été fournies par Maître Marc-Guillaume Lambert, notaire à Rodez et membre du Groupe Monassier.







