Durant la pandémie, un grand nombre de personnes se sont tournées vers la vitamine D, persuadées qu'elle pouvait les protéger des infections respiratoires. Cependant, une nouvelle étude révélatrice implique plus de 30 000 participants et remet en question cette théorie.
la vitamine d, un rempart contesté
La vitamine D a été considérée pendant longtemps comme un potentiel défenseur contre les infections respiratoires, surtout durant la crise du Covid-19. Plusieurs médecins ont fait l'éloge de la supplémentation en tant que stratégie naturelle pour soutenir le système immunitaire. Les résultats de certaines études semblaient encourager cette pratique, entraînant l'adhésion de millions d'individus.
En 2017, une méta-analyse conduite par l'Université Queen Mary de Londres avait déjà suggéré des bénéfices de la vitamine D sur la réduction des risques d'infections respiratoires, notamment chez les personnes carencées. Pourtant, de nouvelles analyses, comme celle de l'étude récente, nuancent ces premiers éléments.
une étude internationale majeure
Une récente étude internationale publiée dans The Lancet Diabetes & Endocrinology a tranché cette controverse. Les chercheurs affirment avec certitude que la vitamine D n'apporte pas de protection contre les infections respiratoires, comme les rhumes, les bronchites ou encore les pneumonies. Cette étude, qui a analysé des données provenant de plus de 30 000 adultes issus de 17 essais cliniques, établit des conclusions significatives.
Les chercheurs, menés par l'Université Queen Mary de Londres en collaboration avec des équipes d'Australie, des États-Unis et du Canada, ont compilé les résultats d'essais randomisés. Cela a permis d'évaluer l'impact de la vitamine D sur des adultes en bonne santé, mais les résultats ne montrent aucune différence significative quant à la fréquence des infections respiratoires entre ceux prenant la vitamine et ceux recevant un placebo.
une analyse critique des données disponibles
Selon le Dr. Cyrus Cooper, co-auteur de l’étude, l'idée d'un effet protecteur de la vitamine D se basait sur des études antérieures parfois biaisées. "Nous avons cherché à valider cette hypothèse avec les données les plus fiables possibles", explique-t-il.
Tous les participants à l'étude ont été répartis en deux groupes : l'un prenant des doses élevées de vitamine D et l'autre un placebo. Pourtant, aucune différence notable n’a été observée dans l'incidence des infections respiratoires. Le Professeur Adrian Martineau, principal auteur, souligne que les résultats mettent en lumière l'absence d'effet protecteur global de la vitamine D contre les infections respiratoires aiguës.
Cela dit, il est important de ne pas écarter entièrement la vitamine D. Même si son efficacité contre les infections respiratoires est remise en question, son rôle demeure crucial pour la santé osseuse, la fonction musculaire, et elle peut aider à prévenir l'ostéoporose chez les personnes âgées.
Source : Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory infections: systematic review and meta-analysis of stratified aggregate data, The Lancet, avril 2025







