La montée des prix, combinée à un gel des pensions, suscite de vives inquiétudes parmi les retraités en France. Vincent Touzé, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), partage ses analyses sur cette situation préoccupante.
Le gel des retraites et le sentiment d'injustice
Avec un ajustement des retraits de base limité à 0,30 % pour 2019 et 2020, alors que l'inflation frôle les 2 %, les retraités ressentent une réelle erosion de leur pouvoir d'achat. Ce sentiment est renforcé par la hausse de la CSG et plusieurs années sans augmentation des pensions, notamment en 2014 et 2016. La révision des dates de revalorisation, d'abril à octobre, puis à janvier, par le gouvernement, ne fait qu'accentuer ce malaise.
L'écart grandissant entre pensions et inflation
Le risque d'une désindexation prolongée pourrait mener à une diminution du pouvoir d'achat des retraités, équivalente à une réduction de leurs pensions. En effet, l’accroissement de la CSG contribue à ce sentiment d'insécurité financière, surtout lorsque l'on considère que les retraites complémentaires n'ont pas été revalorisées depuis 2013. La confusion entre les montants bruts et nets de leurs revenus pourrait également désorienter de nombreux retraités.
Des dépenses spécifiques en forte hausse
Les retraités font face à des dépenses qui augmentent souvent plus rapidement que l'inflation, notamment dans le domaine de la santé. Les frais tels que les dépassements d'honoraires des médecins ou les cotisations des mutuelles pèsent lourd sur leur budget. De plus, les services liés à la perte d'autonomie engendrent des coûts supplémentaires. L'Insee offre d'ailleurs la possibilité de simuler un indice des prix personnalisé pour évaluer l'impact de ces dépenses.







