En réponse aux préoccupations croissantes des agriculteurs, le gouvernement français a dévoilé ce jeudi une nouvelle aide de 20 millions d'euros destinée à alléger les charges sociales des exploitations agricoles. Cette décision fait suite à la hausse significative des coûts de production due à la guerre au Moyen-Orient, notamment celle des carburants et des engrais.
"Les exploitations les plus vulnérables, risquant de faire face à de graves difficultés économiques, bénéficieront d'une aide exceptionnelle pour couvrir leurs cotisations sociales dues à la Mutualité sociale agricole (MSA)," a expliqué le ministère de l'Agriculture dans une déclaration à l'AFP.
Cette mesure s'ajoute à d'autres dispositifs déjà instaurés : reports des cotisations sociales et des échéances fiscales, ainsi qu'un "prêt flash carburant" destiné aux petites et moyennes exploitations, mis en place fin mars. Par ailleurs, une suspension des droits d'accise sur le gazole non routier (GNR) utilisé par les tracteurs a été appliquée depuis avril.
Cette exonération de taxe sur le GNR représente 14 millions d'euros pour le mois d'avril, entraînant une réduction de quatre centimes par litre. Le budget 2026 avait déjà prévu un allègement fiscal de 1,3 milliard d'euros sur ce carburant utilisé par les agriculteurs.
D'après les derniers chiffres, le prix du GNR a grimpé de 1,28 euro à 2,094 euros par litre, atteignant des sommets inédits (en date du 3 avril).
Cependant, cette annonce est jugée insuffisante par la FNSEA, la principale organisation syndicale agricole, qui réclame une aide de 30 centimes par litre de gazole. Son président, Arnaud Rousseau, a déclaré : "Le dispositif proposé est largement insuffisant. La hausse des prix du GNR, oscillant entre 60 et 80%, touche tous les agriculteurs, mais le ciblage prévu ne bénéficiera qu'à une minorité : c'est du saupoudrage."
Rousseau a ajouté qu'il est impératif que l'État intervienne vigoureusement pour soutenir tous les agriculteurs dans cette période critique.
La Confédération paysanne, le troisième syndicat agricole, a également exprimé ses inquiétudes concernant la prise en charge des cotisations sociales qui, selon eux, sont essentielles pour la sécurité sociale et la retraite des agriculteurs. Un porte-parole a déclaré : "Nous souhaitons que l’État explore d'autres pistes, telles que bloquer le prix du GNR à 1 euro le litre jusqu'à 5000 litres par ferme ou débloquer un chèque énergie, tout en faisant évoluer rapidement la transition énergétique."
Le ministère a défendu sa décision, affirmant qu'elle est "graduée et ciblée" vers les "exploitations à risque". La ministre, Annie Genevard, a précisé : "Cette nouvelle mesure de solidarité vise à éviter une réduction significative de notre potentiel de production en raison des difficultés de trésorerie engendrées par la crise énergétique."
L'identification des exploitations agricoles chaque concernée se fera par les caisses locales de la MSA, soulignant l'approche ciblée adoptée par le gouvernement dans ce contexte difficile.







