Les principaux ports de la Corse ont été paralysés mardi par une action concertée des pêcheurs, qui prévoient de maintenir et d'amplifier leur mouvement mercredi. Ils cherchent à mettre un terme à la "spirale mortifère" des hausses des prix du carburant, déjà plus élevés sur l'île en raison des tensions au Moyen-Orient.
Organisés par un jeune syndicat dédié à la défense des intérêts des pêcheurs corses, plusieurs embarcations ont bloqué les ports d'Ajaccio, Bastia, Propriano, l'Île-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio, empêchant toute navigation des bateaux non impliqués dans la mobilisation.
Des navires comme ceux de Corsica Linea et Corsica Ferries ont été immobilisés, provoquant des retards considérables pour les passagers et les marchandises. La préfecture a confirmé qu'un bateau de croisière a dû changer de destination, rendant la situation encore plus complexe.
Joseph Sanna, porte-parole du syndicat, a déclaré à l'AFP : "Notre but est de stopper cette hausse insensée des prix du gasoil." Il a également annoncé une intensification des actions, notamment des nouveaux blocages. Les pêcheurs prévoient de s'associer à d'autres syndicats d'agriculteurs et potentiellement de transporteurs.
Actuellement, le prix moyen du litre de gazole pêche détaxé atteint 1,09 euro, en forte hausse par rapport à 64 centimes un mois plus tôt, comme indiqué par l'observatoire du carburant Amarrée. Cette augmentation est largement attribuée à la crise énergétique exacerbée par le conflit au Moyen-Orient.
La préfecture de Corse a proposé d'ouvrir une table ronde avec les représentants des pêcheurs pour discuter de la situation, mais cette offre a été rejetée par Sanna, qui a exprimé son scepticisme quant aux réelles intentions de l'État pour apporter des solutions durables.
Environ 3 000 passagers ont été affectés par les blocages en mer mardi, sans compter ceux d'autres lignes affectées par la mobilisation. À l'échelle nationale, les comités de pêche du sud-est de la France avaient envisagé une action concertée, mais ont finalement choisi de privilégier le dialogue avec le gouvernement, une position qui ne trouve pas écho chez les pêcheurs corses.
Au Havre, des patrons pêcheurs ont également décidé de rester à quai en solidarité, soulignant une situation similaire avec des prix de gasoil qui grimpent à 1,30 euro, comparé à 65 centimes avant le déclenchement de la guerre.
Ainsi, la mobilisation des pêcheurs corses met en lumière les défis économiques rencontrés dans ce secteur face à des coûts de fonctionnement qui ne cessent d'augmenter. Les discussions avec les autorités seront déterminantes pour l'avenir immédiat de leur activité.







