Une nouvelle fois, l'affaire Epstein ébranle les consciences. Le milliardaire américain exerçait un contrôle approfondi sur la vie de ses victimes, utilisant les services d'un réseau de médecins complices. Selon une enquête menée par France Télévisions, ces professionnels de santé ont aidé Epstein à gérer les questions de santé, de contraception et même d'interventions chirurgicales sur de jeunes femmes, mettant en lumière un phénomène complexe et dérangeant.
Dans des révélations qui tombent comme un coup de tonnerre, il a été rapporté qu'une femme a été opérée sur la table de la salle à manger d'Epstein, alors que des gynécologues étaient rétribués pour traiter les infections liées à ses nombreuses partenaires. Le magazine L'Œil du 20 Heures a mis en lumière ce réseau médical très organisé, qui a permis au prédateur de maintenir un contrôle inacceptable sur la santé et la vie personnelle de dizaines de femmes.
Une douzaine de médecins au service d'Epstein
Au sein de ce réseau se trouvait Eva Dubin, ancienne reine de beauté et complice d'Epstein. Elle a ainsi facilité l'accès de ses patientes aux meilleurs spécialistes, comme le démontre un échange : "Tu dois aller chez le gynéco. Je viens de raccrocher avec Eva, elle va t'appeler". Dans ce contexte, au moins douze médecins ont aidé Epstein, prescrivant des traitements pour des infections sexuellement transmissibles ou des soins esthétiques, sans respecter le secret médical. Une ancienne partenaire s'est même plainte dans un email : "Tous les docteurs que tu paies directement te tiennent très informés de mes traitements."
En 2012, une situation critique est survenue. Lorsqu'une de ses partenaires s'est gravement blessée, Eva Dubin a rapidement fait appel à Jess Ting, un médecin, qui a alors accepté une intervention chirurgicale à domicile, offrant 35 points de suture sur une table à manger, une situation sans précédent en milieu médical.
Une précarité éthique inquiétante
Les raisons de ces choix demeurent floues. Était-ce par souci de discrétion ? Jess Ting a par la suite demandé un financement de 50 000 dollars à Epstein, qu'il a réussi à obtenir. En retour, il a été vu proche du milliardaire sur son île privée.
Un autre praticien, Steven Victor, a également traité plusieurs femmes à la demande d'Epstein, malgré les limites éthiques. Un courriel menaçant, où il affirmait avoir été loyal et ne pas avoir divulgué d'informations, illustre bien la dynamique de pouvoir : "Je n'ai jamais parlé aux journalistes, qui m'appellent tout le temps à propos de toi." La réaction d'Epstein montre que son réseau fonctionnait selon ses règles, allant jusqu'à exiger "Tu n'as pas payé tout ce que tu me dois".
Contacté par L'Œil du 20 Heures, Victor a exprimé son regret, affirmant qu'il n'était pas au courant des activités criminelles d'Epstein. "C'est clairement un psychopathe, et je sais maintenant que cela ne devrait jamais être la nature de ma profession," a-t-il déclaré.
Des professions médicales mises en lumière
Un des noms les plus en vue est celui de Peter Attia, médecin et personnalité médiatique. Des courriels montrent une proximité troublante avec Epstein. En 2015, Attia a écrit : "Tu sais quel est le plus gros problème dans le fait d'être ton ami ? La vie que tu mènes est extravagante, et je ne peux la raconter à personne." Attia a exprimé des regrets concernant ses interactions avec Epstein, qualifiant d'"inexcusables" ses échanges. Pour ce faire, il a décidé de quitter son poste de chroniqueur à la télévision.
Pour l'heure, les médecins impliqués continuent leur pratique, et aucune action judiciaire n'a encore été engagée contre eux. Les révélations de cette affaire soulèvent des questions quant à l'éthique professionnelle et à la responsabilité des praticiens face aux abus de pouvoir.







