Dans les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure, un constat préoccupant se dresse : les aides à domicile, utilisant leurs voitures personnelles pour exercer leur métier, se retrouvent souvent à un seuil de revenus juste au-dessus de celui fixé par le gouvernement pour bénéficier d'une ristourne sur les carburants. Selon des témoignages recueillis par Ici, ces critères semblent trop restrictifs et laissent beaucoup de professionnels sur le carreau.
Le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu, a récemment annoncé des aides destinées à 3 millions de « travailleurs modestes grands rouleurs ». Cependant, les conditions d'éligibilité sont claires : il faut gagner moins de 17 000 € annuels pour une personne seule ou moins de 50 000 € pour un couple avec enfants, sans oublier qu'il faut parcourir au moins 8 000 kilomètres par an dans le cadre du travail. Cette mesure, censée soutenir des professionnels tels que les infirmières et les aides-soignantes, exclut en réalité une majorité de travailleurs du secteur.
Des attentes frustrées
Margaux Beucher, responsable de la Spasad Lajosa à Rouen, déclare : "Dans ma structure, cette aide va concerner 2 personnes sur 80." Elle fait état d'une condition de revenu difficile à respecter pour les employés travaillant souvent au SMIC. De l’autre côté, d’autres bénéficiaires potentiels, bien que gagnant moins de 17 000 €, ne remplissent pas les critères de kilomètres parcourus. Un directeur d’une autre entreprise d'aides à domicile en Seine-Maritime s'inquiète : "Soit le revenu, soit le kilométrage, mais pas les deux en même temps."
Les sacrifices des aides à domicile
Aline, une mère célibataire et aide à domicile de 46 ans à Rouen, se retrouve dans une situation délicate. Avec un revenu de 19 000 €, elle est juste au-dessus du seuil d’éligibilité. Pourtant, elle parcourt plus de 500 kilomètres chaque semaine pour son travail, supportant des coûts de carburant en augmentation. "Je ne peux pas me permettre de rentrer chez moi pendant mes pauses pour économiser sur l'essence." Ces contraintes la poussent à rogner sur ses dépenses, comme le cinéma et les sorties, des frustrations partagées par de nombreux professionnels du secteur.
Les difficultés financières croissantes des aides à domicile posent également des défis pour le secteur en termes de recrutement. Margaux Beucher précise : "Le ton commence à monter, de nombreux candidats refusent des postes à cause des prix du carburant." En mai, cette aide financière coûtera au gouvernement 180 millions d'euros, mais les voix s'élèvent pour que des ajustements soient effectués afin d'inclure ceux qui, malgré leur indispensable rôle, se voient exclus de l'aide.
La situation mérite une attention accrue de la part du gouvernement, afin de garantir que les travailleurs essentiels ne soient pas laissés pour compte dans la crise actuelle des coûts de la vie.







