Jeudi, au cœur de Poissy (Yvelines), environ 300 manifestants ont défilé pour s'opposer à la fermeture imminente de la production automobile sur le site de Stellantis, semant l'inquiétude au sein des employés. Une journaliste de l'AFP a constaté cette mobilisation.
Rassemblés devant la mairie, les représentants des syndicats ont pris la parole avant que le cortège ne prenne la route vers l'usine Stellantis, située en bord de Seine.
Omar El Mhane, syndicaliste de l'Unsa à Poissy, a déclaré au micro : "Nous envoyons un message clair aux dirigeants de Stellantis et aux autorités : l'avenir de notre site et de nos postes est une ligne rouge." Cette manifestation fait suite à l'annonce du 16 avril, par Stellantis, de l'arrêt de la production de véhicules d'ici 2028.
Le site, autrefois emblématique, sera transformé en centre de fabrication de pièces et de déconstruction, maintenant seulement 1.000 postes sur 1.500. "Notre effectif était de plus de 17.000 salariés il y a quelques années, et demain, nous pourrions ne plus être qu'une vingtaine ici", a averti El Mhane.
Jonathan Dos Santos de la CGT ajoute que cette situation constitue une véritable "casse de l'emploi". "Nous sommes en colère face à l'incertitude qui règne : la direction annonce la fin de la production sans clarification de ce que les nouvelles activités impliqueront," a-t-il déploré.
Radia Chikri, une représentante de SUD, voit dans cette annonce une fermeture déguisée de l'usine. "L'angoisse est palpable parmi les ouvriers," a-t-elle souligné.
Les mobilisations n'ont pas été exclusives à Poissy. D'autres usines Stellantis en France, notamment à Metz, Vesoul et Sochaux, ont également connu des mouvements de protestation. Cédric Fischer, représentant CGT à Vesoul, a rapporté que le transfert d'une partie des activités à Poissy toucherait près de 200 emplois sur 2.300.
Malgré ces tensions, la direction de Stellantis a affirmé que les lignes de production restaient opérationnelles dans tous les sites durant la journée de la manifestation.







