Dans une démarche proactive face à l'essor du narcotrafic, Bruno Retailleau a présenté un plan d'urgence lors de sa visite au quartier Pablo Picasso à Nanterre, frappé par une récente bagarre entre dealers. Le candidat des Républicains, qui ambitionne la présidence, souhaite déployer des mesures strictes pour contrer ce fléau qui gangrène près de 60 quartiers en France. "Ces zones échappent à la loi de la République", a-t-il déclaré.
Trois volets d'action
Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur, a énoncé un plan structuré en trois volets. Le premier volet judiciaire permettrait d'allonger la durée de détention provisoire pour affaiblir l'économie de la drogue, tout en imposant des sanctions plus sévères sur les mineurs liés à ces activités. Cette approche vise à frapper dès les premiers délits.
Le deuxième volet se concentre sur une présence accrue des forces de l'ordre dans les zones touchées, en proposant de "boucler 24h/24" ces quartiers afin de contrôler les mouvements. Cela inclut également la possibilité de couper les communications et l'utilisation de "véhicules blindés de la gendarmerie nationale", comme le Centaure.
Des mesures nécessitant une réforme constitutionnelle
Le dernier aspect du plan prévoit des "outils administratifs" destinés à frapper au portefeuille des narcotrafiquants. Cependant, pour mettre en œuvre ces dispositions, une réforme de la Constitution sera nécessaire. Retailleau a précisé que ces mesures s'inscrivent dans son projet présidentiel.
Suite à ces annonces, le parti Horizons, dirigé par Édouard Philippe, a ironisé sur les réseaux sociaux en remerciant Retailleau pour son soutien à des mesures qu'il avait déjà proposées. De son côté, l'eurodéputée LFI, Manon Aubry, a critiqué ces suggestions en les qualifiant de "ridicules", affirmant qu'elles ne font que réinventer des mesures déjà en place depuis des années, notamment depuis que Nicolas Sarkozy a supprimé la police de proximité.







