L'exécutif français a annoncé l'introduction d'un projet de loi logement qui devrait être discuté cet été. Ce texte vise à permettre la location de passoires thermiques sous certaines conditions, selon Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, lors d'une conférence à Marseille. Depuis le 1er janvier 2025, la location de logements classés G est prohibée, tandis que celle des logements classés F devrait être interdite en 2028.
Pour les propriétaires de logements concernés, "il sera possible de relouer sous engagement formel de réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de trois à cinq ans", a précisé Matignon lors d'une entrevue avec France Télévisions. Cette initiative vise à "remettre environ 700 000 logements sur le marché locatif tout en fournissant des revenus aux propriétaires pour financer les travaux", a-t-on ajouté. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a souligné l'importance d'adapter les stratégies tout en maintenant les ambitions inititales face à une crise du logement persistante.
Un troisième programme national de rénovation urbaine
Les mesures dévoilées incluent également un nouvel objectif de construction de "deux millions de logements". Le texte proposé sera présenté dans les semaines à venir en Conseil des ministres, avec une première lecture à l'Assemblée nationale prévue "avant l'été". En plus de l'avenir des passoires thermiques, le texte attribuera de nouveaux pouvoirs aux maires concernant les logements sociaux, actuellement sous contrôle préfectoral, et renforcera les dispositifs fiscaux incitatifs pour l'investissement locatif.
En parallèle, le gouvernement dévoile son ambition de lancer un troisième programme national de rénovation urbaine (ANRU 3), qui prendra également en compte des problématiques de sécurité. "Il s'agit de repenser intégralement la vie dans des milliers de quartiers en France", a déclaré le ministre du Logement. Le budget prévu pour ce programme est d'"au moins plusieurs milliards d'euros" et est actuellement en cours d'arbitrage. Selon des experts, cette initiative pourrait non seulement revigorer le marché locatif, mais également améliorer les conditions de vie dans des zones historiquement délaissées, comme l'indique une récente étude par l'INSEE.







