Après trois semaines d'audiences, l'avenir d'OpenAI est en jeu alors que les créateurs de ChatGPT ont assisté jeudi aux plaidoiries finales du procès intenté par Elon Musk. Le jury de Californie s'apprête à délibérer à partir de lundi.
Sam Altman, le PDG d'OpenAI, et Greg Brockman, son collaborateur le plus proche, étaient présents presque chaque jour depuis l'ouverture des audiences, se rendant à la cour fédérale d'Oakland, non loin de leur siège. Pendant ce temps, Elon Musk s'est absenté pour un voyage en Chine avec Donald Trump.
Pour OpenAI, confronté à un rival grandissant comme Anthropic, cette procédure judiciaire représente un sérieux obstacle à un moment crucial de la compétition mondiale dans le domaine de l'intelligence artificielle.
Le procès a mis en lumière les rivalités internes autour de la création d'OpenAI, suscitant des interrogations sur l'authenticité de sa mission éthique. Steven Molo, l'avocat de Musk, a ironisé : "Une organisation à but non lucratif qui prône le développement sûr de l'IA. Qui peut vraiment y croire ?"
William Savitt, l'avocat d'OpenAI, a réagi en soulignant la singularité de leur situation, en comparant leur contribution financière à celle de voleurs qui auraient fondé la banque. "A-t-on déjà vu des voleurs faire don de 200 milliards de dollars ?" a-t-il demandé.
Créée en 2015, OpenAI est aujourd'hui une entreprise commerciale à part entière, avec une fondation qui détient environ 25% des parts. Son statut incroyable comme l'une des fondations à but non lucratif les mieux financées a valu à Musk des accusations de l'accuser de n'être qu'une coquille vide.
En 2024, la fondation a rapporté avoir distribué 7,6 millions de dollars en dons, mais a annoncé un milliard de dollars pour l'année 2026, augmentant les suspicions de Musk sur leurs intentions réelles.
Lors d'une délibération sur des enjeux de crédibilité entre ces deux figures emblématiques, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a abattu la question principale : qui dit la vérité ? Les accusations contre Musk concernant le manque de soutien, même de ses proches, ont été révélées par Sarah Eddy, avocate d'OpenAI.
Elle a également critiqué Musk pour avoir cherché à battre Google dans la course à l'IA, même au prix d'actions contestables.
Du côté d'OpenAI, les critiques à l'égard de Sam Altman persistent, surtout après son éviction surprise en novembre 2023, bien que des employés aient exigé sa réintégration. Toutefois, des accusations de culture d'entreprise toxique continuent d'entacher sa réputation.
Le jury devra d'abord évaluer la légalité de la plainte de Musk, lancée en 2024, quatre ans après son dernier investissement. Si la plainte n'est pas recevable, le procès pourrait s'arrêter là. La magistrate a fait savoir que son verdict se fondera probablement sur l'avis des jurés.
Si le procès se poursuit, le jury devra déterminer si les cofondateurs d'OpenAI ont détourné les dons de Musk, pour un montant de 38 millions de dollars, et trahi leur promesse envers lui en s'orientant vers le lucratif.
Musk demande également que la structure revienne à son statut initial de fondation, ce qui mettrait en péril ses relations avec des investisseurs clés comme Microsoft, Amazon et Softbank.
Le procès a aussi vu défiler d'autres figures de la tech, y compris le PDG de Microsoft, Satya Nadella, et Ilya Sutskever, un ingénieur central de ChatGPT, entourés des e-mails échangés entre milliardaires, faisant de cette affaire un des feuilletons juridiques majeurs du secteur technologique actuel.







