Fin avril, une opération exceptionnelle a eu lieu face à l'île de Groix : le retrait d'un ancien câble sous-marin de plus de 80 tonnes, situé à 30 mètres de profondeur. L'objectif principal de cette mission, coordonnée par Enedis, est de protéger l'écosystème fragile de l'herbier marin tout en s'adaptant aux conditions météorologiques.
Le navire MENDU est chargé de retirer le câble vieillissant qui alimentait l'île en électricité depuis 1973. Pour ce faire, l'équipage doit tirer le câble depuis le fond marin avant de le découper en segments de 6 mètres. Ce chantier sans précédent a nécessité une préparation minutieuse comme l'indique Mathieu le Quellec, gérant de Seeaway Offshore : "C'est une première en France pour un câble de cette ampleur. L'avancement reste imprévisible, car il dépend des obstacles rencontrés."
Une première pour ce type de câble en France
Remplaçant le câble de 6,8 km et 81 tonnes, un nouveau câble avait déjà été installé en 2022. Sa dépose ne peut se faire sans tenir compte des herbiers de zostère, qui sont essentiels pour la biodiversité marine. Ces zones sont non seulement un refuge pour de nombreuses espèces, mais elles jouent aussi un rôle crucial dans la protection du littoral et la lutte contre le changement climatique.
Des plongeurs naturalistes
Pour minimiser l'impact environnemental, l'opération est assistée par des plongeurs naturalistes. Gaël Poullanouec, responsable technique du projet chez Enedis, précise : "Les plongeurs s'assurent que tout se déroule bien et aident à reconstituer les rhizomes de l'herbier après le retrait du câble." Malgré le timing contraignant, cette démarche souligne l'importance de préserver l'écosystème local.
Le coût total de ce chantier s'élève à 160 000 euros, s'ajoutant aux 4,5 millions initialement investis pour le nouveau câble. Comme l'explique Pascal Pourzac, directeur général d'Enedis : "De telles opérations nécessitent une préparation prolongée, tant pour le retrait que pour l'installation des nouveaux câbles." Le nouveau câble a également intégré des fibres optiques, augmentant sa fonctionnalité.
Une fois transformés en fagots, les câbles usagés seront transportés vers la Normandie pour être recyclés, participant ainsi à un effort plus large de durabilité dans les infrastructures sous-marines.
Isabelle Rettig, Catherine Bazille, Hélène Notat







