Après plusieurs mois d'attente, Keir Starmer a enfin révélé son plan tant attendu d'investissements sur dix ans destiné à renforcer la défense du Royaume-Uni. Ce plan, axé sur la modernisation de l'armée, inclut de nouveaux financements pour les drones et les systèmes autonomes.
Initialement prévu avant le sommet de l'Otan en Turquie en juillet, ce projet a été reporté à plusieurs reprises en raison de contraintes budgétaires, exacerbant une crise politique qui a culminé avec la démission de Starmer la semaine précédente.
Les conséquences de ces retards ont été immédiates : John Healey, alors ministre de la Défense, a quitté son poste, suivi de près par Al Carns, secrétaire d'Etat aux Forces armées. Healey a pointé du doigt le Premier ministre et la ministre des Finances Rachel Reeves pour leur incapacité à mobiliser les fonds indispensables à la défense du pays face à des menaces croissantes, un sentiment partagé par plusieurs militaires, selon BBC News.
Les premières informations divulguées par le ministère de la Défense indiquent que ce plan prévoit un investissement de 5 milliards de livres (environ 5,8 milliards d'euros) sur les quatre prochaines années, avec une attention particulière portée sur le développement des drones et des technologies autonomes.
"Cet investissement crucial renforcera nos forces armées, en garantissant que nos militaires disposent des capacités de pointe nécessaires pour faire face aux menaces émergentes", a affirmé Keir Starmer dans un communiqué avant la présentation, ajoutant l'importance de la modernisation pour la sécurité nationale.
En conversation avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, Starmer a réaffirmé l'engagement de Londres de porter son budget militaire à 3,5 % du PIB d'ici 2035, une période durant laquelle il ne sera probablement plus en poste.
Des ajustements ont été apportés au plan après le départ de John Healey, ce qui a permis d'allouer plus de ressources aux technologies modernes comme les drones, au détriment des programmes traditionnels, souvent coûteux.
Selon des sources britanniques, environ 14,5 à 15 milliards de livres (entre 16,7 et 17,3 milliards d'euros) seront débloqués, bien que ce montant soit encore insuffisant comparé aux 28 milliards demandés par l'état-major.
Le Royaume-Uni souhaite créer une "force flexible et intégrée", mettant en avant des drones autonomes de déminage, des drones quadricoptères tactiques capables de transporter des charges explosives et des drones d'attaque à faible coût, comme l'a souligné le ministère.
Une partie des 5 milliards sera également utilisée pour développer le plus grand centre d'essai de drones en Europe, récemment inauguré à Swindon.
"Le paysage des conflits évolue rapidement. Les systèmes sans équipage redéfinissent les enjeux, comme on a pu le voir en Ukraine et au Moyen-Orient", a ajouté Dan Jarvis, ministre de la Défense, dans un communiqué faisant référence à l'utilisation accrue des drones dans ces régions.
Le plan comprend également une transformation de la Royal Navy vers une marine "hybride", combinant navires autonomes basés sur l'intelligence artificielle et flotte traditionnelle. Au moins six nouveaux navires de guerre seront construits, assurant la vitalité des chantiers navals britanniques pour les années à venir.







