En provenance des chantiers navals de Jiangyin Jingjiang, sur le fleuve Yangtsé en Chine, le CMA CGM Notre-Dame vient de faire ses premiers pas au Havre. Avec ses 24.000 conteneurs de 6 mètres alignés, il pourrait former une chaîne de 146 kilomètres, reliant Paris à Reims.
Ce mastodonte de 400 mètres de long a été baptisé devant un parterre d'invités prestigieux, dont Brigitte Macron et plusieurs figures politiques, soulignant son importance stratégique. Le Notre-Dame fait partie d'une série de dix navires, financée à hauteur de 2,5 milliards d'euros, représentant le troisième armateur mondial, CMA-CGM.
C'est un exemple de fierté pour le PDG, Rodolphe Saadé, qui voit dans cette initiative une avancée dans le secteur maritime. Doté d'un "casque" vert sur la proue, le navire réduit les effets du vent, économisant ainsi jusqu'à 2 % de gaz naturel liquéfié (GNL), principale source d'énergie.
“Le GNL permet une réduction des émissions de GES de 10 % par conteneur”, a affirmé Emmanuel Delran, vice-président des opérations maritimes de CMA CGM. Cependant, cette transition écologique n'est pas sans coût supplémentaire, se chiffrant entre 20 et 25 % par rapport aux navires conventionnels.
Le Notre-Dame, phare technologique, intègre également des innovations comme le "windshield", qui par son design aérodynamique, améliore l'efficacité énergétique. Plus qu’un simple navire, il est une vitrine des ambitions de CMA-CGM pour la durabilité. L'utilisation d'intelligences artificielles sera essentielle pour optimiser les opérations futures.
"À terme, nous allons éviter de 200 à 600.000 tonnes de GES chaque année", a précisé Delran. Cette dynamique vise à intégrer progressivement l’IA dans les prises de décisions maritimes, promettant un avenir plus durable pour le transport maritime.
Les enjeux politiques sont également cruciaux. Le Notre-Dame représente un lien fort entre l'État français et l'armateur, facilitant le soutien gouvernemental en cas de crise. Avec l'objectif d’augmenter la part de la flotte sous pavillon français, CMA-CGM se positionne stratégiquement à l'international.
Dans un contexte de crises géopolitiques, CMA-CGM mise sur le "made in France" pour renforcer sa position tout en améliorant son empreinte carbone. Les nouvelles technologies, la formation d'équipages et les innovations maritimes permettent d’envisager une marine plus verte, tout en augmentant la fierté nationale dans le domaine maritime.







