Le mécontentement agricole français atteint son paroxysme. Après une période relativement calme durant les fêtes, les agriculteurs ont balayé la trêve pour reprendre leur mobilisation contre l'accord commercial du Mercosur et la gestion de l'épidémie de dermatose bovine.
Ce mardi, un convoi d'une quarantaine de tracteurs, mené par la Coordination rurale (CR), a quitté Cancon dans le Lot-et-Garonne en direction de Paris. José Pérez, président de la CR47, a déclaré : "Nous n'avons constaté aucun changement. Ce gouvernement semble inactif. Nous espérons qu'à Paris, nos voix seront enfin entendues." Ce sentiment d'abandon est partagé à travers de nombreux départements.
En dépit d'arrêts préfectoraux interdisant la circulation des convois agricoles dans plusieurs régions, la détermination des agriculteurs ne faiblit pas. La veille, près de cinquante manifestants de la CR étaient également partis de Dordogne, empruntant des routes en contournant les barrages de gendarmerie.
Les mouvements de protestation incluent des barrages filtrants ou bloquants, avec des points d'arrêt signalés à travers tout le pays. En Occitanie, le blocage de l'A64 à Carbonne et de la N124 dans le Gers perturbent le trafic, tandis que des manifestations continuent dans le Sud-Est, notamment près de Lyon. Les agriculteurs normands, quant à eux, bloquent le périphérique de Caen et le port de Cherbourg.
Dans un contexte déjà tendu, certains agriculteurs craignent que l'accord Mercosur n'accentue leurs difficultés économiques. "La concurrence déloyale qui en résulterait pourrait anéantir des exploitations familiales", a récemment souligné un expert du secteur à France Bleu. Par ailleurs, l'Union Européenne a annoncé une rallonge budgétaire prévue dans la prochaine Politique agricole commune (PAC) pour apaiser les inquiétudes des agriculteurs. Cependant, beaucoup demeurent sceptiques quant à l'impact réel de ces mesures.
Ce mardi marque le relèvement du ton d'une mobilisation qui pourrait se poursuivre dans les semaines à venir. La Coordination rurale, en adoptant une stratégie plus discrète, espère atteindre Paris sans entrave, un changement de tactique par rapport à la manifestation de janvier 2024, où des confrontations avec les forces de l'ordre s'étaient intensifiées.







