La fameuse marque bretonne Hénaff, bien connue pour ses délicieuses conserves, est en pleine tourmente après des révélations concernant l'origine de la viande utilisée dans ses langues de bœuf en sauce. Bien que les produits soient étiquetés « made in Bretagne », une partie de la viande provient d'Amérique du Sud, suscitant l’indignation de certains consommateurs et éleveurs locaux.
Loïc Hénaff, directeur général de l'entreprise, a tenu à défendre la transparence de sa marque. « Nous achetons 98 % de notre viande en France, dont 91 % en Bretagne », a-t-il déclaré. En effet, l'entreprise privilégie la coopération avec les éleveurs locaux, se démarquant ainsi dans le paysage agroalimentaire breton. Cependant, face à la demande spécifique pour la langue de bœuf, Hénaff affirme ne pas avoir trouvé d'approvisionnement adéquat en France : « Ce produit représente seulement 2 % de nos approvisionnements totaux », précise-t-il.
Selon les experts du secteur, cette situation illustre la complexité des chaînes d'approvisionnement modernes. Le marché de la viande est de plus en plus globalisé, rendant difficile l'approvisionnement exclusivement local pour certains produits de niche. Des sources du site Ouest-France rapportent que la langue de bœuf en sauce reste un marché marginal, représentant environ 12 % de la production totale d'Hénaff.
Cette polémique est exacerbée par le contexte actuel, avec des accords comme le Mercosur qui menacent davantage les producteurs européens. Les éleveurs locaux expriment leur colère face à une concurrence qu'ils jugent déloyale. « Nous devons défendre notre agriculture face à des importations massives », a déclaré un porte-parole de l'association des éleveurs
Hénaff se positionne ainsi en acteur de la tradition bretonne tout en appelant à une réflexion sur l'avenir de l'agriculture locale. Cette controverse, bien que regrettable, pourrait ouvrir un dialogue nécessaire sur la provenance des aliments et la transparence dans l'industrie agroalimentaire.







