Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a récemment partagé ses préoccupations croissantes concernant le financement futur de la Sécurité sociale, un sujet qu'elle juge crucial pour le débat présidentiel de 2027. Lors d'une apparition dans l'émission « Les Contrepoints de la Santé », elle a avoué que « le financement de notre modèle social », à la lumière de la baisse de natalité et du vieillissement démographique, « l'empêchait de dormir ».
Bien que la loi de financement de la Sécurité sociale ait permis de maîtriser le déficit pour 2026, la ministre a averti que des « économies encore plus importantes » seront nécessaires dans les années à venir. « Je ne sais pas me projeter dans le financement des cinq prochaines années », a-t-elle déclaré, soulignant les défis à venir.
La question du financement repose en grande partie sur les cotisations des actifs. Selon Rist, avec le vieillissement de la population, il devient de plus en plus évident qu'il « n'y a pas assez d'actifs » pour soutenir le système actuel. Elle a mis en avant la nécessité d’un véritable débat de société, en posant la question de savoir si l'avenir reposera exclusivement sur les cotisations ou s'il sera nécessaire d'introduire de nouveaux impôts ou d'augmenter la part du PIB consacré aux dépenses de santé.
Rist ne s'est pas arrêtée là ; elle a également soulevé des préoccupations sur la situation actuelle des hôpitaux, déjà « étranglés par un déficit croissant ». Elle a noté que de nombreux patients occupent des lits d'hôpital alors qu'ils pourraient être soignés en ville, ce qui pourrait réduire les coûts des établissements. Elle a proposé un modèle de rémunération « beaucoup plus mixte » entre les médecins libéraux et hospitaliers, visant à aligner les modes de financement sur les missions de service public.
D'après ses observations, la rémunération actuelle des médecins n'est « plus très juste ». Par exemple, des médecins ayant exactement le même profil peuvent subir un écart de rémunération de dix points selon leur lieu de travail en raison de différences dans le financement des deux secteurs. À cet égard, elle a mis l'accent sur l'importance de « faire de vraies projections » sur le nombre de médecins nécessaires dans les trois prochaines décennies, suggérant qu'il leur faudra « nettement plus » de professionnels qu'aujourd'hui.
Ces réflexions révèlent l'urgence de réévaluer notre système de santé afin de garantir sa viabilité à long terme. Dans un contexte où la population française est de plus en plus âgée et où les défis économiques s'accumulent, les idées avancées par Stéphanie Rist seront sans aucun doute au cœur des discussions futures sur l'avenir de la Sécurité sociale.







