Le futur du projet de coentreprise entre Stellantis et Samsung est désormais flou. Selon Bloomberg, le constructeur automobile éprouve des difficultés croissantes dans le secteur électrique et envisage sérieusement de se retirer de cet ambitieux projet. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur la création de 2.800 nouveaux emplois, initialement prévus avec la construction de deux giga-usines de batteries dans l'Indiana.
Contacté par l'AFP, Stellantis a fait savoir : "Nous poursuivons des discussions de collaboration avec Samsung concernant notre coentreprise StarPlus Energy", sans plus de précisions.
Les difficultés rencontrées par Stellantis se sont intensifiées, notamment après l'annonce de charges exceptionnelles de 22 milliards d'euros à prévoir dans ses résultats pour 2025. La société a reconnu avoir "surestimé" la demande en voitures électriques, particulièrement aux États-Unis, entraînant une chute vertigineuse de son action, qui a baissé de 50 % en un an.
Parmi ces pertes, 14,7 milliards d'euros sont imputables à une révision de leur gamme de produits aux États-Unis, où le marché électrique montre des signes de stagnation. Ce revirement fait écho aux commentaires de nombreux experts, qui soulignent un excès d'optimisme quant au rythme d'adoption des véhicules électriques – une tendance particulièrement marquée en Amérique du Nord, mais aussi en Europe.
En mai 2022 et octobre 2023, Stellantis et Samsung avaient annoncé un investissement de plus de 6,3 milliards de dollars pour la construction des deux usines à Kokomo, Indiana. Cette annonce inquiétante survient alors que le nouveau directeur général, Antonio Filosa, a précisé qu'un réalignement vers des technologies hybrides et thermiques est désormais nécessaire en réponse à la demande des consommateurs.
Dans un contexte où Stellantis a déjà enregistré une chute de 70 % de son bénéfice net en 2024, l’abandon potentiel de ce projet pourrait être perçu comme un coup dur pour le constructeur, qui espérait vendre 50 % de véhicules électriques d'ici 2030 avec 25 lancements prévus.
Pour couronner le tout, Stellantis a également annoncé la vente de ses 49 % dans NextStar Energy, la première 'gigafactory' de batteries au Canada, à son partenaire LG Energy Solution. Ce mouvement soulève des questions quant à la viabilité de ses projets électriques à long terme.
Samsung, de son côté, a décliné tout commentaire supplémentaire, dirigeant les médias vers Stellantis pour plus d'informations. Il reste à voir comment cette situation évolueront et quels impacts cela aura sur le marché de l'électrice et de l'emploi aux États-Unis.







