La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, est sur le point d’être nommée à la tête de la Cour des comptes lors du Conseil des ministres de ce mercredi. Toutefois, cette décision suscite un débat intense, particulièrement au sein de l’opposition politique.
Les opposants voient dans cette nomination un potentiel manque d'impartialité. Amélie de Montchalin, qui succède à Pierre Moscovici, a été désignée par Emmanuel Macron, et cette décision est controversée même avant d'être officialisée. Plusieurs critiques pointent du doigt un risque de favoritisme qui pourrait compromettre l’indépendance de la Cour des comptes.
Dans une interview accordée à Télématin, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, a pris la défense de ce choix. Selon elle, « le fonctionnement de la Cour des comptes est intrinsèquement indépendant, impartial et collégial ». Elle a souligné que de Montchalin ne serait pas seule dans ses décisions, car elle sera entourée de huit présidents de chambre, permettant ainsi une confrontation d’idées et de points de vue.
Née d’une formation d'économiste et ancienne marcheuse à l'origine, Amélie de Montchalin a occupé plusieurs ministères avant sa nomination actuelle, notamment sous Édouard Philippe et Jean Castex. Ses compétences en matière de finances publiques sont reconnues, mais cette nomination soulève des conjectures, notamment de la part de la gauche et de certains membres de la droite.
« Le sens de l’intérêt général »
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a exprimé son soutien à amélie de Montchalin lors d’une émission sur BFMTV. Il a vanté ses qualités en disant : « C’est une femme courageuse, compétente, qui a le sens de l’intérêt général ». Farandou a également évoqué l’importance de cette nomination pour la représentation féminine dans les instances de haut niveau.
Cependant, cette vision n'est pas partagée par tous. Les partis d'opposition, à gauche comme à droite, voient dans cette nomination un risque élevé de favoritisme. Marine Le Pen, leader du Rassemblement National, a demandé à Macron de renoncer à cette nomination. Elle a qualifié cette décision d’« énième preuve de la dérive illibérale » du gouvernement et a remis en question la capacité de de Montchalin d'agir de manière indépendante après avoir été impliquée dans le bilan économique du pays.
Jérôme Guedj, député PS, tout en reconnaissant les compétences d'Amélie de Montchalin, a souligné le danger d’une telle nomination : « Comment croire qu’elle sera capable de la moindre indépendance ? »
Le député LFI Éric Coquerel a interrogé le principe même de cette nomination, notant qu’il est rare qu’un ancien ministre des Comptes publics se retrouve à évaluer les politiques qu'il a lui-même soutenues, ce qui soulève des questions sur l’honnêteté des évaluations qui seront effectuées par la Cour.
Dans un climat politique tendu, la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes s'inscrit dans une série de décisions controversées du gouvernement. Un équilibre délicat entre soutien et critique qui pourrait impacter la perception et le fonctionnement de cette institution essentielle pour la transparence des finances publiques en France.







