Dans le Loir-et-Cher, la relève est assurée sur une exploitation historique, la ferme de Bellevue. Pourtant, malgré une transmission anticipée, les jeunes repreneurs de la famille Hamelin sont confrontés à une question cruciale : quel avenir pour leur métier et la ferme de leurs aïeux ?
C'est en 1889, le 23 août précisément, que Sébastien Hamelin acquiert la ferme de Bellevue à Landes-le-Gaulois. Au fil des générations, la ferme s'est agrandie, passant d'une modeste surface à 350 hectares cultivés par la cinquième génération, qui fait face à des enjeux majeurs. En 1946, la mise en place d'eau courante améliore considérablement les conditions de vie et de travail. Ensuite, en 1967, Pierre Hamelin, aujourd'hui âgé de 97 ans, prend la relève de son père Ernest.
Alain, fils de Pierre, a lui aussi dû s'adapter aux évolutions du métier. En 1998, il reprend l'exploitation tandis que son épouse Laurence diversifie les activités avec des chambres d'hôtes. "J'avais des terres à côté et, malgré 135 hectares cultivés, cela ne suffisait plus à faire vivre deux personnes", explique Alain. Maintenant, la ferme de Bellevue veille sur ses trois fils : Antoine, Alban et Arthur, ce dernier étant impatient d'en reprendre la gestion.
Notre modèle d’agriculture est à bout de souffle, il n’est plus valable, il nous faut tout changer !
Le défi de boulonner l'exploitation à l'avenir est crucial : en 2021, Alban et Arthur, en pleine dynamique de croissance, reprennent les terres de deux petites exploitations, doublant ainsi la surface cultivée. Ils fondent une Société civile d'exploitation agricole (SCEA) pour anticiper leur reprise en 2027, alors que l'agriculture française connaît de grands bouleversements.
Alors qu'ils s'apprêtent à prendre les rênes, Alban et Arthur s'interrogent sur les choix à faire pour répondre aux nouveaux défis du secteur. L'exploitation se concentre essentiellement sur la culture céréalière, produisant notamment du blé tendre, du tournesol, et du sorgho, qui représente une option adaptée au climat. "Avec le changement climatique, des cultures adaptées aux cycles plus courts sont nécessaires", souligne Laurent. Quant à la rentabilité, Alban admet que l'agriculture céréalière souffre de la pression économique actuelle.
Une transition vers l'innovation
En effet, les Hamelin explorent des solutions, envisagent des cultures diversifiées comme l'élevage de volailles ou l'irrigation. "Nous devons réfléchir à l'avenir des exploitations”, affirment-ils. Leur objectif : assurer une gestion durable et équitable du patrimoine familial, tout en préparant la prochaine génération à un avenir incertain mais prometteur.
Face à ces enjeux, Alban exprime des préoccupations : "Du temps de grand-père, soixante-dix hectares faisaient vivre une famille de sept personnes. Ce modèle est dépassé. Nous devons tout repenser et innover pour l'avenir". Ce témoignage met en lumière les luttes des agriculteurs qui s'efforcent d'adapter leurs pratiques à un environnement en constante évolution.
La dynamique de transmission dans le secteur agricole est en pleine transformation, avec plus de 160 000 agriculteurs français arrivés à l'âge de la retraite, représentant un tiers des exploitations. Il est crucial pour les générations futures de capter ces opportunités pour garantir la pérennité du secteur agricole.







