Le marché pétrolier a récemment ajusté à la hausse ses prévisions, prenant en compte le risque grandissant d'une intervention militaire américaine en Iran. Les tensions se sont intensifiées entre Washington et Téhéran, entraînant des conséquences sur les cours du brut.
Jeudi, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) a atteint 66,62 dollars, en hausse de 2,19 %, après avoir frôlé le seuil de 66,71 dollars, un niveau inédit depuis août dernier. De son côté, le Brent, référence internationale, affichait également une progression de 2,00 %, à 71,76 dollars.
En réponse, l'Iran a réaffirmé jeudi son « droit » à l'enrichissement nucléaire, après des avertissements des États-Unis soulignant qu'il y avait « de nombreuses raisons » d'agir contre Téhéran. Initialement, des discussions à Genève laissaient entrevoir un avenir optimiste, mais les craintes ont rapidement pris le pas sur l'optimisme depuis mercredi.
Selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, la récente flambée des prix du pétrole « reflète un renforcement de la prime de risque géopolitique, les investisseurs anticipant un conflit prolongé plutôt qu'une crise temporaire ». Les États-Unis ont mobilisé une présence navale et aérienne significative au Moyen-Orient, actant leur capacité à frapper l'Iran dans un futur proche, potentiellement dès ce week-end si les décisions politiques le permettent.
Une telle escalade militaire pourrait avoir des répercussions sur les infrastructures pétrolières iraniennes, l'Iran étant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Plus alarmant, le détroit d'Ormuz, qui représente environ 20 % du pétrole mondial, pourrait être menacé. Comme l'indique Ole Hansen, « seuls l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d'infrastructures de contournement significatives » via des oléoducs.
Une légère perturbation de ce passage stratégique pourrait engendrer des franchises d'assurance plus élevées, modifier les itinéraires d'approvisionnement et créer des goulets d'étranglement logistiques, bien avant qu'un blocus total ne devienne réalité. De plus, comme l'affirment les analystes d'ING, « la part significative de l'offre pétrolière sous sanctions et la réticence croissante de certains importateurs à se procurer ce pétrole en raison des sanctions » limite la perception d'un surplus sur le marché.







