Un mouvement de grève a eu lieu récemment à l'association d'insertion Le Relais, située à Bourges. Cette structure, qui gère notamment le Samu social, a vu plusieurs dizaines de ses salariés débrayer à l'appel de Force Ouvrière. Le Relais, un acteur clé de l’insertion dans le département du Cher, doit faire face à des réductions drastiques de son budget, conséquence directe des nouvelles politiques économiques imposées par l'État.
La situation est préoccupante : Le Relais est contraint de rogner sur ses actions, avec une perte prévue d'environ un million d'euros d'ici 2026. Employant près de 270 personnes, l’association, qui s'étend aussi dans l'Indre, la Nièvre et la Haute-Vienne, était historiquement perçue comme solide. Pourtant, des licenciements ont déjà été annoncés : cinq postes permanents seront supprimés, et une vingtaine de CDD ne seront pas renouvelés. En parallèlement, le nombre de personnes accompagnées sur les chantiers d’insertion va diminuer, passant de 67 à 57 équivalents temps plein.
Kevin Ramillon, membre de Force Ouvrière au Comité Social et Économique (CSE) du Relais, a exprimé des inquiétudes quant aux décisions gouvernementales : « Quand on évalue le coût d'une personne en insertion par rapport à celui d'une personne au RSA, il est légitime de douter de l'efficacité de ces coupes. Financer des programmes d’insertion serait plus judicieux pour permettre à ces personnes de retrouver une place dans le monde du travail ».
Par ailleurs, d'autres préoccupations émergent, notamment celles liées aux changements de conventions collectives qui pourraient faire perdre des avantages acquis à certains salariés. Daniel Dias, secrétaire de Force Ouvrière, a ainsi déclaré : « Les congés trimestriels dont bénéficiaient nos employés pourraient disparaître sous la nouvelle convention ACI. Ces jours de congé supplémentaire étaient essentiels pour compenser les salaires modestes dans notre secteur ».
La direction de Le Relais a reconnu la baisse des dotations, ajoutant que la fin de certains dispositifs importants, notamment ceux concernant la prise en charge des migrants, pourrait également aggraver la situation, notamment en raison de la flambée des coûts liés au logement au cours des dernières années. Ce contexte souligne la nécessité d’un débat plus large sur le financement de l'insertion, un enjeu social majeur pour la région et au-delà.







