Pour la troisième année consécutive, la réouverture des eaux Françaises du golfe de Gascogne a eu lieu le 21 février. Entre le sud de la Bretagne et le nord de l'Espagne, ces eaux ont été fermées à la pêche durant plusieurs hivers pour préserver la vie marine, notamment les cétacés soumis à des captures accidentelles dans les filets de pêche.
Le gouvernement souhaite minimiser ces fermetures à l'avenir, mais il se heurte à des défis de taille. Des négociations menées à l'échelle européenne pourraient déterminer le statut des fermetures pour 2027 et au-delà. Pour l'instant, des centaines de navires ont été contraints de rester à quai, engendrant une grande frustration parmi les pêcheurs.
Selon l'institut Pelagis, spécialisé dans l'étude des cétacés, la mortalité des dauphins est alarmante. En effet, les captures accidentelles ont grimpé de plus de 800, entre 2010 et 2015, à plus de 4 500 de 2016 à 2023, un chiffre qui interpelle les ONG de défense de l'environnement.
À la suite d'alertes lancées par certaines de ces associations, le Conseil d'État a ordonné en mars 2023 la fermeture de zones de pêche pour réduire les décès de cétacés. Cette décision est le reflet d'une préoccupation grandissante concernant la biodiversité marine.
Pour renforcer ces mesures, le droit européen impose des standards de conservation qui semblent souvent mal appliqués en France, laissant une marge de manœuvre très étroite. Par conséquent, si les décisions de fermeture en 2024 étaient le fruit d'une initiative nationale, les suivantes ont été décidées au sein de l'Union européenne.
Le débat est désormais lancé et les discussions en cours pourraient être déterminantes pour l'avenir des cétacés dans cette région. La question demeure : les efforts déployés suffiront-ils à convaincre les instances européennes d'adopter des mesures durables tout en tenant compte des enjeux économiques de la pêche locale ?







