La compagnie maritime Brittany Ferries a récemment décidé de reprendre le transport de jeunes veaux non-sevrés entre l'Irlande et le continent, atterrissant au port de Cherbourg. Cette décision a suscité l'indignation de trois associations de protection animale, qui exigent le respect des réglementations européennes en la matière.
"Nous ne nous laisserons pas mener en bateau", déclare Stéphane Boissavy, responsable des campagnes pour Welfarm. En effet, après presque trois décennies sans transport de jeunes veaux, Brittany Ferries a engagé cette pratique à nouveau en mars 2025 sur la ligne entre Rosslare et Cherbourg, utilisant le navire Le Cotentin. Welfarm n’est pas la seule association à critiquer cette décision, Irish Ferries accusant également la compagnie de négliger le bien-être animal.
Le 29 septembre 2025, des militants se sont rassemblés devant le siège de Brittany Ferries à Roscoff pour exprimer leur désaccord. "Bien que des discussions aient été entamées, le défi demeure", explique Boissavy, ajoutant que la rentabilité financière a largement primé sur les considérations éthiques. En effet, les statistiques révèlent qu'un nombre significatif de veaux non-sevrés sont exportés entre mars et mai.
Des conditions de transport inacceptables
Ces ONG dénoncent les conditions de transport jugées inacceptables, où des veaux, parfois âgés de seulement deux semaines, sont confinés pendant plus de 18 heures en mer. Cette situation enfreint une règlementation européenne de 2005, qui stipule que les animaux doivent être abreuves tous les neuf heures de voyage. Cependant, l'Irlande interprète cette législation de manière différente.
La problématique se complexifie pour la distribution de lait à bord, car "aucune bétaillère en Europe n'est agréée pour distribuer du lait dans des conditions sanitaires adéquates", souligne Boissavy. Pour ces ONG, la lutte continue : le 28 janvier 2026, un consortium de 22 organisations, incluant Welfarm, a adressé une lettre ouverte au commissaire européen à la Santé, sollicitant une intervention plus stricte concernant les pratiques illégales observées.
En 2025, environ 200 000 personnes ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis de la compagnie maritime, affirmant que cela représentait une atteinte directe à la dignité animale. Brittany Ferries, contactée, n'a pas souhaité émettre de commentaire sur ces accusations. Comme l’explique Yvan Savy, directeur de CIW France, "Nous espérons que la région Normandie pourra faire pression pour faire respecter les réglementations".







