Le guichet de ma prime rénov, ces aides à la rénovation énergétique, a récemment réouvert, mais certaines filières du bâtiment se retrouvent sans soutien, notamment l'isolation des murs et les chaudières au bois. Ces exclusions ont été confirmées dans le dispositif pour 2026, laissant les acteurs du secteur inquiets.
« C'est un véritable coup dur pour ces filières », déclare Audrey Zermati, directrice de la stratégie chez Effy, une entreprise experte en rénovation énergétique. Des travaux d'isolation qui représentent une part significative des demandes de subventions (source), ont été retirés du guichet.
« Beaucoup de nos artisans partenaires espéraient, jusqu'à la dernière minute, sur ces aides. C'est un réveil difficile », commente Zermati, soulignant que le budget global de ma prime rénov reste stable, malgré ces exclusions. Ce budget, autour de 4 milliards d'euros, a été partiellement alimenté par des certificats d'économie d'énergie, dont la méthode de calcul a fluctué dans le temps.
des choix stratégiques pour l'avenir
L'isolation des murs extérieurs, auparavant très prisée, n'est donc plus subventionnée dans le cadre des mono-gestes, ce qui pourrait encourager des rénovations moins ambitieuses. Cela préoccupe des experts tels que ceux de l'agence de la transition énergétique (Ademe), qui rappellent que près de 25 % des déperditions de chaleur se produisent par les murs.
« Nous craignons que les ménages optent pour des chauffages plus énergivores sans d’abord isoler correctement leurs maisons », ajoute Zermati, inquiétude partagée par d'autres professionnels dans le domaine.
un virage vers l'électrification
Les chaudières biomasse, qui représentent une part de plus en plus faible des gestes aidés, sont également impactées par ces changements. Alors que les poêles à bois continuent d'être soutenus, les chaudières, souvent plus coûteuses et en concurrence avec les pompes à chaleur électriques, sont exclues.
« Cette exclusion reflète une volonté claire de l'État de favoriser les systèmes électriques, dans un contexte où la production électrique française a atteint des niveaux records en 2025, enregistrant des exportations significatives », souligne Thomas Perrissin, vice-président du syndicat des chaudiéristes.
« En deux ans, notre marché a été divisé par trois et les prévisions pour 2026 ne sont guère optimistes. Les projets de chaudières vont fortement ralentir », explique-t-il, tout en constatant qu'une aide plus faible pour le secteur pourrait impliquer une dépendance accrue à l'électricité.
Dans la lutte pour maintenir des projets de rénovation, il est crucial pour le secteur de s’adapter aux nouveaux défis. Robin Roulet, directeur d'Alpes Energie Bois, précise : « Nous devrons apprendre à nous passer des aides pour rester compétitifs. La transition vers l'électrique, dictée par le gouvernement, est désormais la voie à suivre. »
La filière bois et les acteurs du secteur de l'isolation doivent naviguer à travers ces changements complexes, tout en essayant de maintenir l'équilibre financier et opérationnel nécessaire pour l'avenir de la rénovation énergétique en France.







