Dans une action déterminante, les forces spéciales belges ont intercepté, dans la nuit de samedi à dimanche, un navire en Mer du Nord. Ce navire fait partie de la "flotte fantôme" utilisée par la Russie pour contourner les sanctions imposées en réponse à l'invasion de l'Ukraine, a déclaré le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot.
Sur X, M. Prévot a salué le professionnalisme et le courage de ses forces spéciales, affirmant : "Aujourd'hui, un navire de la flotte fantôme de la Russie a été intercepté en mer du Nord".
Theo Francken, ministre de la Défense, a précisé que le pétrolier serait escorté jusqu'au port de Zeebruges pour être saisi. Ce pétrolier fait partie d'une flottille qui, selon de nombreuses sources, y compris Le Monde, a été utilisée par la Russie pour contourner les sanctions touchant ses exportations pétrolières depuis 2022.
L'Union européenne a inscrit plusieurs de ces navires sur liste noire dans le but d'affaiblir le financement du conflit ukrainien par Moscou. "Les sanctions n’ont de sens que si elles sont effectivement mises en œuvre. Aujourd’hui, nous les avons appliquées", a ajouté M. Prévot, qui est également vice-Premier ministre.
Cette opération a été menée en collaboration avec des partenaires du G7 ainsi que les pays nordiques et baltes, et en coordination avec la France. Le président français, Emmanuel Macron, a souligné que les forces navales françaises avaient contribué à cette opération, la qualifiant d'"impact significatif" sur la flotte fantôme russe.
Le navire intercepté, identifié comme l'Ethera, aurait navigué sous un faux pavillon. Bien qu'il prétende battre pavillon guinéen, une inspection à bord a révélé des soupçons de falsification de documents. Le parquet fédéral a annoncé l'ouverture d'une enquête pénale, évoquant des violations des réglementations internationales.
Les sanctions contre les exportations de pétrole russe ont rendu difficile l'assurance et l'acheminement maritime pour de nombreux pétroliers, dérangeant ainsi le circuit économique créé par Moscou. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a applaudi l'interception et a affirmé que de telles initiatives étaient "résolues et justifiées", appelant ainsi tous les pays à emboîter le pas de la Belgique.
Certains experts émettent également des inquiétudes concernant les activités de sabotage potentielles menées par ces navires, contribuant à une "guerre hybride" orchestrée par la Russie. Un ancien incident en février a révélé que deux agents d'une entreprise de sécurité russe étaient présents sur un autre pétrolier de la flotte fantôme saisi par la France.
Par ailleurs, les forces françaises ont également arraisonné un autre pétrolier russe, le Grinch, en janvier, illustrant ainsi la détermination des partenaires européens à limiter les capacités maritimes de la Russie.







