Un syndicat argentin a initié, ce lundi, un recours collectif en raison de la réforme du travail portée par le président ultralibéral Javier Milei, récemment adoptée par le Parlement. Ce dernier considère que cette réforme viole les principes constitutionnels.
La loi, qualifiée de "modernisation du travail" par ses promoteurs, est dénoncée par les syndicats comme une loi de "précarisation". Elle facilite les licenciements, réduit les indemnités, permet d’étendre la journée de travail jusqu’à 12 heures, et restreint le droit de grève en élargissant le spectre des services dits "essentiels". De plus, elle autorise le fractionnement des congés, ce qui suscite de vives inquiétudes.
L'adoption de cette réforme est une victoire significative pour Milei, à un moment où il cherche à accentuer la dérégulation du marché du travail. Dans son discours annuel sur l'État de la nation, il s'est réjoui de cette avancée, marquant le début de la seconde moitié de son mandat.
Au sein de l’Association professionnelle des avocats de l'État, des voix s'élèvent, comme celles de son secrétaire adjoint, Roberto Alvarez, qui a dénoncé, sur les réseaux sociaux, une loi "préjudiciable pour les travailleurs" et anticonstitutionnelle. Cette action en justice est soutenue par la Confédération générale du travail (CGT), qui a également mobilisé des manifestations dans plusieurs villes du pays pour dénoncer cette réforme que beaucoup de syndicalistes considèrent comme une atteinte directe aux droits des travailleurs.
La CGT souligne que "ni en réduisant les droits des travailleuses ni en faisant disparaître des protections essentielles on peut espérer améliorer l'emploi", fermement opposée à l’argument gouvernemental selon lequel cette réforme dynamiserait le marché du travail.
Par ailleurs, une grève des enseignants ce lundi a perturbé la rentrée scolaire, les manifestants demandant des hausses de salaires et critiquant la réforme contestée. Dans un climat de division, un sondage récent révèle que 48,6 % des Argentins se disent favorables à la réforme, tandis que 45,2 % s’y opposent.







