Obtenir des bénéfices dans le secteur ferroviaire est un défi, même pour des entités comme SNCF. Pariant sur un modèle low-cost, Ouigo Espagne a finalement réussi à tirer son épingle du jeu en 2025. La SNCF, après plusieurs années dans le rouge, a vu son offre s'épanouir, attirant un public croissant : +44,3% de voyageurs en 2025.
Le groupe SNCF a annoncé que « Ouigo España continue de croître » avec de nouvelles lignes vers le Sud, donnant ainsi un coup de fouet à son activité. Cependant, cette expansion s'accompagne de tensions, notamment avec le gouvernement espagnol qui critique les pratiques commerciales de l'opérateur français comme "déloyales". Le ministre des Transports, Oscar Puentes, a exprimé des préoccupations quant à une possible stratégie de dumping adoptée par Ouigo.
En dépit des accusations, SNCF Voyageurs défend son modèle commercial et souligne l'importance de prix compétitifs pour séduire les passagers, un argument que la Renfe, l’opérateur historique espagnol, conteste fortement. Elle a récemment accusé Ouigo de se servir abusivement de ses infrastructures pour ses besoins de maintenance.
Une dynamique à pérenniser
Cette réussite commerciale arrive cependant dans un environnement complexe. La baisse de vitesse imposée sur la ligne Madrid-Barcelone, cruciale pour l'équilibre financier d'Ouigo, pourrait faire évoluer la situation.
Vers l'Italie avec de grandes ambitions
En regardant vers l'avenir, la SNCF ambitionne d'accélérer son expansion en Italie. Prévue pour 2026, son arrivée s'accompagne de la promesse de 14 allers-retours entre grandes villes comme Turin et Naples. Toutefois, la mise en place des TGV M est entachée de retards dus à des négociations complexes sur les sillons avec les autorités italiennes.
Caroline Chabrol, à la tête de SNCF Italia, a insisté sur la nécessité d'un « accord satisfaisant » pour garantir un accès aux infrastructures vitales. Alors que la SNCF s'estime entravée dans son développement, des mouvements politiques s'intensifient pour permettre l'émergence d'une réelle concurrence sur le sol italien.
Les perspectives d’Ouigo dans un marché européen libéralisé révèlent que, même face à des défis significatifs, le service low cost pourrait bien transformer le visage du transport ferroviaire dans les années à venir. L'issue de cette compétition reste à suivre de près.







