Bruxelles présente son plan audacieux pour un avenir industriel européen

Découvrez comment l'Europe entend redynamiser son industrie et répondre aux enjeux globaux.
Bruxelles présente son plan audacieux pour un avenir industriel européen

Ce mercredi, Bruxelles a levé le voile sur ses propositions tant attendues concernant le 'Made in Europe', un plan qui vise à revitaliser le tissu industriel du continent tout en renforçant sa compétitivité face à la Chine. Cependant, ce projet suscite des controverses au sein des 27 États membres de l'UE.

La loi, baptisée 'accélération industrielle' et soutenue par Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, vise à protéger et à décarboner des secteurs stratégiques tels que l’automobile. Ces filières sont particulièrement vulnérables aux menaces posées par les industriels chinois, alors qu'elles doivent également faire face aux défis de la transition écologique et aux coûts énergétiques élevés en Europe.

Face à cette crise inédite, le texte propose une mesure phare : l'instauration d'une 'préférence européenne', un concept qui a longtemps été considéré comme relevant du protectionnisme. Cette disposition obligerait les entreprises des secteurs considérés comme stratégiques à localiser une partie de leur production continentale ou à se procurer des composants localement pour bénéficier de fonds publics.

Cette initiative s’inspire de lois américaines et chinoises, comme le souligne Séjourné dans une tribune partagée par un millier de dirigeants européens. Toutefois, la publication de ce projet a déjà été repoussée plusieurs fois, entravée par des désaccords internes et le questionnement de sa nécessité et de son efficacité.

Le président français Emmanuel Macron a souligné l'importance de cette préférence pour éviter que les industries européennes ne soient submergées. Joseph Dellatte, de l’Institut Montaigne, décrit cela comme un 'tournant majeur', notant que les commandes publiques représentent environ 15 % de l'économie de l'UE, ce qui pourrait favoriser la relocalisation des activités industrielles.

Cependant, Niclas Poitiers du centre de réflexion Bruegel nuance ce point, affirmant qu'il existe peut-être des solutions plus adaptées pour éviter que des secteurs ne soient détruits par la concurrence chinoise, en évoquant les mécanismes que Bruxelles possède pour contrer les subventions étrangères.

Les débats ont perduré au sein des États membres, même si l'urgence d'agir a finalement convaincu des réticents comme l'Allemagne et les pays nordiques de soutenir le 'Made in Europe', pourvu que cette mesure reste ciblée. En réponse, l’exécutif européen a modifié ses ambitions concernant les secteurs concernés, comme le rapporte l’AFP.

La version actuelle du texte prévoit une obligation d’utilisation d'acier bas carbone pour les projets bénéficiant de fonds publics, bien qu'elle ne stipule pas que ces matériaux doivent nécessairement être locaux. Cette approche est controversée, notamment auprès d’Eurofer, l'organisation des producteurs d’acier européens.

Quant à la chimie et au secteur du plastique, aucune exigence de contenu local ne sera imposée, même si l’automobile et les technologies d'énergies renouvelables (panneaux solaires, batteries, etc.) seront visées.

Un point majeur de discorde reste le périmètre géographique du 'Made in Europe'. Berlin et d'autres capitales souhaiteraient inclure les entreprises produisant dans certains pays partenaires pour éviter des représailles commerciales et maintenir des chaînes de production stables. Des pays comme le Royaume-Uni, la Turquie, le Japon ou la Suisse espèrent bénéficier de ce traitement de faveur.

Le projet de loi pourrait également imposer des obligations aux entreprises étrangères en matière d'impact local, notamment concernant l'emploi et la recherche et développement, si elles souhaitent réaliser des investissements en Europe.

Enfin, le texte inclura des mesures visant à faciliter la construction et l'extension d'usines, en simplifiant les procédures administratives, ce qui pourrait contribuer à redynamiser le secteur industriel européen.

Lire aussi

des états américains contestent les nouvelles politiques douanières de trump
Vingt États américains, dont New York et la Californie, s'opposent aux nouveaux droits de douane instaurés par Trump, jugés illégaux et irresponsables.
02h19
Interdiction du terme steak végétal : ce que cela signifie pour l’Europe
L'interdiction du terme 'steak végétal' en Europe pose question. Quelles alternatives restent autorisées ?
00h21
Electro Depot : la réponse abordable à votre besoin de mobilité
Découvrez l'alternative au MacBook avec le Danew Dbook 175 chez Electro Depot pour seulement 269,98 euros.
5 mars
Les marchés européens sous pression : l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les Bourses
L'escalade du conflit au Moyen-Orient impacte les Bourses en Europe. Découvrez les conséquences sur les marchés.
5 mars
Des milliers de touristes bloqués au Moyen-Orient : l'angoisse d'un retour incertain
Des milliers de touristes européens se retrouvent bloqués dans des croisières au Moyen-Orient. La situation est critique suite au blocage du détroit d'Ormuz. Découvrez les enjeux et les efforts de rapatriement.
5 mars
L'Etat face à la hausse des carburants : un faux bénéficiaire selon le ministère
Le ministère de l'Économie réfute l'idée que l'État soit le gagnant de la hausse des prix des carburants. Une analyse des implications financières.
5 mars