Alors que les prix du gaz montent en flèche en raison des tensions au Moyen-Orient, enregistrant une augmentation de 58 % en seulement une semaine, les marchés français semblent relativement épargnés. En effet, mardi dernier, le tarif de gros pour une livraison la semaine suivante a connu une hausse de 6 %, atteignant 49€/MWh, selon Montel News. Ce chiffre est considérablement inférieur à l'Allemagne, où les prix ont bondi de 18 %, culminant à 116 €/MWh.
Pour une livraison prévue en avril, le prix du marché français connaît une augmentation de 19 %, bien que s'élevant tout de même à un niveau acceptable de 42€/MWh, comme l'a observé Emeric de Vigan, directeur de 42 Advisors, sur X. En somme, bien que les fluctuations des prix du gaz aient tendance à rehausser les prix de gros, leur impact devrait demeurer modéré.
« Nous ne sommes plus en 2022. La production d'énergie nucléaire et renouvelable est en surabondance. Les centrales à gaz sont moins sollicitées, ce qui diminue leur influence sur les prix de l'électricité, » souligne Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting, interrogé par BFM Business.
Goldberg ajoute que cette situation devrait perdurer, estimant que la demande de gaz restera faible jusqu'à la fin de l'année, lorsque la saison hivernale approchera. Pour le quatrième trimestre de 2026, les prévisions de prix suggèrent une hausse de 23 % à 89,6 €/MWh, selon les données d'Emeric de Vigan.
Bien sûr, cette dynamique peut changer en fonction de l'évolution du conflit au Moyen-Orient. « Actuellement, les marchés semblent parier sur une résolution rapide, » indique Goldberg. Dans l'immédiat, les Français ne devraient pas être affectés par une hausse soudaine de leurs factures, notamment pour ceux ayant choisi un tarif réglementé ; une révision des prix n'est prévue qu'à partir du 1er août, et même jusqu'en février 2027 pour la part énergie.
Exportations records et production optimale
À l'heure actuelle, Benjamin Louvet, directeur des gestions matières premières chez Ofi Invest AM, note que « la France est relativement protégée ». La nation bénéficie d'une meilleure situation par rapport à la crise énergétique de 2022, lorsque la production nucléaire avait été perturbée par des problèmes techniques. Ces incidents sont désormais résolus, ce qui favorise une pression moindre sur les prix.
Les centrales à gaz, représentant seulement 2 % de la production, ont un impact négligeable sur les tarifs. En revanche, la production d'énergie bas-carbone (nucléaire et renouvelables) a atteint des sommets, représentant 95,2 % du mix électrique en France l'année dernière, selon des données officielles.
Grâce à son portefeuille diversifié d'énergies, la France produit bien plus d'électricité que nécessaire, se positionnant ainsi comme un exportateur de volumes records. Ces exportations pourraient même contribuer à modérer la hausse des tarifs dans les pays voisins, en particulier en Allemagne.







