Le décès du guide suprême Ali Khamenei plonge l'Iran dans une tempête politique sans précédent. Les frappes israélo-américaines ont fragilisé le régime, laissant planer des incertitudes sur sa succession. Parmi les traces laissées, des figures politiques comme l'ancien président Hassan Rouhani et Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, actuel chef du pouvoir judiciaire, prennent de l'ampleur. Ali Larijani, ancien président du Parlement, est aussi sur le devant de la scène.
Les 88 membres de l'Assemblée des experts, des hauts dignitaires chiites, se préparent à désigner le nouveau Guide. Réunis virtuellement, ils semblent sur le point d'annoncer leur choix, avec un nom qui revient souvent : Mojtaba Khamenei, le fils du défunt guide.
Mojtaba Khamenei, discret et éduqué dans les écoles religieuses de Qom, est perçu comme l'incarnation de la continuité idéologique du régime. Son lien étroit avec les Gardiens de la Révolution renforce l'idée d'une stabilité face au chaos ambiant. Cependant, une accession au pouvoir se rapprocherait d'un modèle de monarchie religieuse, contre les fondements théoriques du régime. Alors qu'une décision pourrait être prise sous peu, il est à prévoir que le futur Guide fasse rapidement face à des menaces.
Un climat politique tendu à Washington
Les instances américaines et israéliennes espéraient un changement vers un successeur plus réformiste. Cependant, la direction actuelle semble déterminée à afficher un front uni, accentuant une résilience face aux pressions extérieures.
Ali Khamenei avait anticipé cette transition, consolidant son pouvoir autour de l'armée et des cercles religieux pour contrer l'influence occidentale. Dans les jours à venir, nous pourrions assister à une Iran encore plus rigide, contrôlé par les Gardiens de la Révolution.
Une figure monarchiste symbolique en exil
Une autre option émerge, bien que plus symbolique qu'efficace : Reza Pahlavi, fils du dernier Chah d’Iran. Exilé depuis 1979, il se positionne comme un leader d'une transition vers un Iran laïque. Son image, portée par un discours libéral et une promesse de paix, séduit certains dans l'Ouest.
Cependant, la réalité en Iran est complexe. Pahlavi ne bénéficie d’aucun soutien politique ou militaire direct à Téhéran. Son influence repose principalement sur un ressentiment croissant face à la répression en cours. Plusieurs manifestations ont récemment mis en lumière son nom, témoignant d'un espoir persistant.
"Les Iraniens ont compris qu’ils ne pèseront pas sur la scène internationale sans une alternative crédible", explique Michel Fayad, professeur à l'institut français du pétrole et des énergies nouvelles. "Reza Pahlavi apparaît alors comme un choix majoritaire, même s'il reste par défaut."
Le chemin sera semé d'embûches pour celui qui aspire à un Iran libre. Même Donald Trump semble sceptique quant à sa capacité à jouer un rôle significatif.







