Les restaurateurs retiennent leur souffle : le guide Michelin va dévoiler, ce lundi après-midi à Monaco, son palmarès 2026, tant attendu dans un climat économique difficile. Les chefs se rassemblent, anxieux de savoir s'ils obtiendront le précieux sésame d'une étoile ou d'un macaron supplémentaire.
Après Metz l'année passée, le célèbre guide a choisi la principauté pour sa cérémonie annuelle, qui débutera à 17H00, regroupant des centaines de chefs impatients. L'année dernière, 68 étoiles ont été attribuées, incluant une troisième étoile aux chefs Hugo Roellinger et Christopher Coutanceau, en rétrogradation deux ans après l'avoir perdue.
Le palmarès de 2026 promet notamment de révéler quels établissements mériteront la convoitée troisième étoile, une distinction de renommée internationale. "Notre force réside dans notre approche sur le terrain, grâce à des inspecteurs anonymes, employés à temps plein, qui contrôlent les établissements et paient leurs repas", explique Gwendal Poullennec, directeur international du Michelin, à 20 Minutes.
En 2025, la France a confirmé son statut de destination gastronomique première, avec 654 tables étoilées, à égalité avec le Japon. "La France possède une voix gastronomique qui la distingue nettement", assure Poullennec, qui a également précisé que la mission du guide est de mettre en avant « l'ancrage territorial » et « les projets culinaires modestes mais authentiques ».
Avant la grande soirée au Forum Grimaldi, le guide Michelin a révélé ses rétrogradations, y compris celle du restaurant Le Suquet de Sébastien Bras, qui a exprimé son soulagement d'avoir retrouvé sa « liberté créative ». "Nous ne nous sentons plus concernés par les décisions du guide", a-t-il déclaré à Le Monde.
Parmi les anciennes gloires, L'Ambroisie a, quant à elle, perdu son troisième macaron, tandis que dix-sept restaurants ont vu leur unique étoile s'envoler cette année. Pour l'ouverture de la cérémonie, les chefs se sont rassemblés à Monaco autour d’un dîner de gala orchestré par Alain Ducasse au Louis XV, en présence du prince Albert II.
Le nombre de femmes distinguées par le guide sera scruté, un Sujet récurrent dans le milieu, car la part de cheffes est souvent jugée insuffisante. "Le guide ne vise pas à établir de quotas", évoque Poullennec à ce sujet.
Cet événement se déroule dans un contexte sensible, à peine quelques jours après les allégations de harcèlement visant René Redzepi, ancien chef du restaurant Noma, autrefois couronné meilleur restaurant du monde et également distingué par le Michelin. "Il est important que la parole se libère", affirme Poullennec, tout en précisant que le Michelin n’a pas vocation à prendre le rôle de la justice.
La magie de la cérémonie à Monaco aspire à transcender le climat économique incertain qui impacte les réservations dans le secteur gastronomique. "Les tendances touristiques sont affaiblies dans le contexte actuel", critique Poullennec, tout en suggérant que la France pourrait bénéficier de sa position de destination touristique privilégiée et de sa forte identité gastronomique.
Le guide Michelin, fondé en 1900 par les frères André et Édouard Michelin pour les automobilistes, continue d'étendre sa portée à plus de 50 destinations dans le monde.







