Ce samedi 14 mars 2026, environ un millier de pêcheurs de la région se sont rassemblés dans les rues de Cherbourg-en-Cotentin pour protester contre de nouveaux quotas imposés à la pêche de loisir. Ces derniers prévoient une limite de cinq maquereaux par jour et par personne, une mesure que les professionnels jugent déconnectée de la réalité du terrain.
Depuis plusieurs semaines, les pêcheurs de plaisance normands expriment leur mécontentement face à cette décision, considérée comme inadaptée et prise sans concertation. Mi-février, la ministre chargée des Pêches, Catherine Chabaud, a annoncé la nouvelle mesure, soulevant immédiatement l'indignation parmi les pratiquants. "Cinq maquereaux, c'est tout simplement incohérent !", explique Danièle Larose, venue de Créances. Elle ajoute : "Il serait préférable d'instaurer un quota mensuel plutôt que quotidien. Vous pouvez sortir deux fois en mer et ne rien attraper, puis avoir une bonne prise la fois suivante."
Des quotas inadaptés pour les pêcheurs
Les pêcheurs ne sont pas opposés au principe des quotas, mais demandent que ces derniers soient fixés de manière pragmatique. Par exemple, Yoann Benoit, le président d'une association de Colleville-Montgomery, déplore la difficulté d'utiliser l'application de recensement mise en place : "Certains de nos membres, surtout les plus âgés, peinent à l'installer, ce qui nous oblige à les aider."
Alors que la situation semble préoccupante, Denis Richard, le président du comité manchois pour la pêche de loisir, avertit que ces restrictions pourraient mettre en danger la pérennité de la pêche familiale : "Avec un quota de cinq poissons, cela ne vaut même plus le coût de sortir en mer. Nous risquons de voir des bateaux à vendre, ce qui aurait également des conséquences indirectes sur l'ensemble de l'économie locale du nautisme."
Un appel à des mesures concertées
Ce mouvement de protestation est également alimenté par le sentiment d'une absence de dialogue. Denis Richard rappelle qu'une concertation publique a été évoquée, mais que les décisions étaient déjà prises avant son initiation, remettant en question la démocratie participative. "Nous ne sommes pas en opposition totale, nous voulons simplement être entendus," conclut Fabrice Diguet, représentant d'une autre association de pêche.







