Le baril de Brent, référence mondiale pour le pétrole, a vu son prix passer de 72,48 dollars juste avant le début des conflits au Moyen-Orient, à 103,14 dollars ce vendredi, représentant une augmentation de 11 % sur la semaine, témoignant ainsi des effets immédiats du conflit sur le marché pétrolier.
Cette flambée des prix répond à une réduction significative des approvisionnements en hydrocarbures provenant du Golfe, aggravée par les frappes américano-israéliennes en Iran. Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), quant à lui, a crû de plus de 47 %, atteignant 98,71 dollars.
Cependant, les prix demeurent inférieurs aux points culminants observés précédemment, lorsque le baril flirtait avec les 120 dollars peu après le début du conflit. Selon une analyse de JP Morgan, les turbulences actuelles sur le marché pétrolier traduisent les effets d'une perturbation de l'approvisionnement, tandis que les experts s'attendent à ce que cet état de crise persiste tant qu'une résolution du conflit ne sera pas engagée.
Déblocage de 400 millions de barils
Pour atténuer la montée des prix, plusieurs actions ont été mises en œuvre, dont l’autorisation par Washington de vendre temporairement du pétrole russe stocké sur des navires. Kpler, société d'analyse, estime que 120 millions de barils de brut russe se trouveraient actuellement en mer. Toutefois, comme l’indique Muyu Xu, expert chez Kpler, une grande partie de ce pétrole a déjà été réservée par des clients chinois et indiens, compliquant ainsi une quelconque augmentation de l’offre.
En outre, l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) a évalué que la production pétrolière des pays du Golfe avait été réduite d’environ 30 %, soit environ 10 millions de barils par jour. La circulation maritime à travers le détroit d'Ormuz reste problématique pour les exportations de la région.
Récemment, les membres de l'AIE ont annoncé un prélèvement exceptionnel de 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques pour limiter les pertes en provenance du Moyen-Orient, une mesure considérée comme temporaire selon Barbara Lambrecht de Commerzbank. Elle souligne : "Tant qu'aucune issue à la guerre ne se profile, les prix resteront soutenus". Au 13 mars, au moins 33 attaques contre des infrastructures énergétiques ont été rapportées, rendant le retour à la normale de plus en plus complexe.







