Un Ornais, âgé de 39 ans, a été reconnu coupable le 5 mai 2026 à Argentan de détention illégale d'animaux sauvages, notamment de servals, de nandous et de cacatoès. Le tribunal a prononcé une peine de huit mois de prison avec sursis, ainsi qu'une amende de 10.000 euros. Les faits, qui remontent à la période de 2019 à 2022, soulèvent des préoccupations concernant la protection des espèces menacées.
La réglementation sur la détention des espèces sauvages est particulièrement stricte, et cet homme a manifestement ignoré ces lois. Selon Florian Colleu, chef du service contentieux à la direction régionale des douanes de Caen, "détenir un animal sauvage, notamment une espèce menacée, est une violation directe des lois en vigueur". Les servals, par exemple, sont inscrits à l'annexe 2 de la Convention de Washington, une directive qui protège les espèces en danger.
Ce résident de la commune de Putanges-le-Lac avait acquis deux servals en bas âge aux Pays-Bas, qu'il a ensuite transportés sans le nécessaire certificat de détention. Les conditions dans lesquelles ces animaux étaient gardés ont suscité l'inquiétude d’une vétérinaire, qui a filmé l'un des servals effectuant des mouvements compulsifs dans une cage inadaptée. Le climat normand, inadapté à ces félins originaires des savanes africaines, a également contribué à leur perte de bien-être.
Le prévenu n'a pas seulement illégalement détenu des servals. Il a également acquis, en Belgique, deux nandous, des aras et même un wallaby albinos via des petites annonces. Parallèlement, il avait commencé un élevage de chiens et de chats, mais n'a pas su gérer leur nombre, faisant passer le total à environ cinquante animaux alors qu'il n'en avait déclaré que vingt.
Les problèmes personnels que cet homme a rencontrés, comme une séparation et le décès de son père, ont pesé sur sa capacité à s'occuper adéquatement des animaux. À l'audience, il a admis des négligences, tandis que la justice a évoqué des conditions de vie alarmantes pour ces animaux. Ce type de négligence est particulièrement inquiétant, surtout lorsqu'on considère que le trafic d'espèces sauvages protégées est l'un des plus lucratifs au monde, juste derrière ceux des drogues, des armes et de la traite des êtres humains, comme l'a précisé Colleu, mentionnant que près de deux millions d'animaux avaient été victimes de trafic en 2025.
Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis, mais le tribunal a décidé d'imposer une peine plus sévère. En plus de la peine de huit mois avec sursis, l'individu a reçu l'interdiction d'exercer toute activité liée à l'élevage d'animaux et à la détention d'animaux exotiques durant trois ans.
Actuellement, cet homme gère un domaine de mariages et continue de posséder des animaux déclarés, dont deux lamas. Passionné d’animaux, il a affirmé regretter ses actes, insistant sur le fait que ce n’était pas un caprice, mais bien une véritable passion pour les animaux.







