"Il souffre chaque jour". L'un des agents blessés dans l'attaque meurtrière de l'évasion de Mohamed Amra a pris la parole via son avocat, Me Romain Léandri, en s'adressant aux médias.
"Parler devant un micro est encore trop difficile pour lui", a déclaré l'avocat. Son client faisait partie des agents pénitentiaires touchés lors de l'attaque au péage d'Incarville, où deux de ses collègues ont été tués et trois autres blessés.
L'avocat souligne également que souvent l'attention médiatique se concentre sur les familles des défunts. "Mon client ressent que, bien que blessés, il est un peu mis de côté. Nous ne sommes pas morts, donc notre souffrance semble moins légitime aux yeux de certains", a-t-il confié.
"Il n'est pas rempli de haine"
Le rescapé vit avec des séquelles graves, tant physiques que psychologiques, et demeure en arrêt de travail. "Il se remémore chaque détail avec précision, que ce soit des visages, des bruits ou des sensations", a ajouté son avocat.
L'évasion de Mohamed Amra s'est terminée neuf mois plus tard, le 22 février 2025, à Bucarest, où il a été arrêté et transféré en France. Actuellement, près de cinquante personnes ont été mises en examen dans cette affaire, selon un rapport de l'AFP.
Me Romain Léandri a ajouté que son client, malgré ses traumatismes, reste attaché à la justice. "Il a toujours cru en l'institution judiciaire et suit attentivement chaque étape de la procédure. Il n'éprouve ni haine, ni soif de vengeance. Au contraire, il est en quête de reconstruction et de vérité", a conclu l'avocat.







