Ce jeudi marque le deuxième anniversaire de l'évasion du criminel qui a causé la mort tragique de deux fonctionnaires au péage d’Incarville, dans l’Eure. Un agent pénitentiaire, l'un des rescapés de cette attaque, se confie ce jour auprès de Le Parisien. Victime d’un traumatisme physique et psychologique, il vit ce quotidien douloureux sans avoir pu reprendre son poste depuis les événements.
Le 14 mai 2024, un convoi de l'administration pénitentiaire a été ciblé par des assaillants, visant à libérer Mohamed Amra, un criminel extrêmement dangereux. Ce jour-là, deux fonctionnaires sont décédés, et trois autres ont été gravement blessés. Aujourd'hui, l'un des survivants, qui s'exprime par l'intermédiaire de son avocat, Me Romain Léandri, aspire à partager son récit malgré les obstacles émotionnels.
Il déclare : "Parler dans un micro, c'est encore trop difficile pour moi." Son avocat souligne que les médias mettent souvent en avant les victimes décédées, laissant parfois de côté ceux qui, comme son client, continuent de souffrir chaque jour. "Il ressent que sa douleur est souvent négligée car il n'est pas mort," explique Léandri.
Des souvenirs indélébiles
Lors d'une cérémonie hommage à Caen, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a évoqué la profondeur de ces blessures psychologiques, affirmant qu'elles ne se refermeraient probablement jamais. Cela souligne les sacrifices permanents des agents en charge de la sécurité.
Le rescapé évoque encore des "images, des bruits, des sons" qui le hantent. Selon lui, cette évasion aurait pu être évitée si des mesures avaient été prises plus rapidement, sachant que Mohamed Amra avait tenté de s’enfuir quelques jours auparavant.
Romain Léandri ajoute que son client conserve une foi en la justice, vigilante à chaque phase de la procédure. "Il ne nourrit ni haine ni désir de vengeance, mais plutôt une soif de vérité et un besoin de se reconstruire," conclut l'avocat, soulignant la résilience de son client face à cette tragédie.







