La découverte du corps de la petite Lyhanna dans le Gers a provoqué un véritable choc au cœur de la France. Parmi les nombreuses voix s'élevant pour dénoncer cette tragédie, celle de Lori Bess, une chanteuse originaire d'Agen, retentit particulièrement. Dans une vidéo poignante diffusée sur les réseaux sociaux, elle a partagé une expérience personnelle douloureuse, mettant en lumière les insuffisances de la prise en charge des violences envers les enfants et les femmes. Une colère qu'elle souhaite transformer en une mobilisation citoyenne forte.
Ce dimanche, une marche blanche a été organisée à Fleurance, suivie d'un rassemblement prévu ce lundi 8 juin à 19 heures devant le palais de justice d'Agen, ainsi que devant d’autres tribunaux à travers le pays. Cette mobilisation est née de l’émotion provoquée par le drame, mais vise désormais à interroger plus largement la protection de l'enfance et la prise en compte des violences. Lori Bess l'explique : « C’était totalement instinctif. »
Artiste engagée, Lori a toujours suivi de près les problématiques liées aux violences sexuelles et à la protection des mineurs. Son propre parcours alimente sa vigilance. Elle confie : « Quand on a retrouvé le corps de cette jeune fille, moi, j’ai vrillé. » En effet, son indignation se double d’un constat accablant : de nombreuses victimes, bien qu'ayant porté plainte, ont le sentiment de ne pas être réellement entendues.
« On veut être reconnu comme victime »
La chanteuse témoigne : « Quand j'ai découvert qu'il y avait eu des signalements auparavant, ma colère n’a fait que grandir. » Elle considère ce drame comme un révélateur d'un système qui, bien que encourageant la parole des victimes, peine à leur fournir la reconnaissance qu'elles méritent. Elle rappelle : « Quand on porte plainte, on ne cherche pas à gagner de l’argent. On veut être reconnu comme victime. »
Ce sentiment de désespoir, de frustration perdure chez de nombreuses victimes qui doivent souvent faire face à une nouvelle douleur lorsque leur parole n’est pas suivie d’actions concrètes. Lori Bess, parlant de son propre passé, indique ne jamais avoir réussi à porter plainte pour un viol qu'elle a subi, affirmant : « Je n’ai jamais eu confiance dans le système pour être entendue. »
« Quand on est un enfant violé, on vit une petite mort »
« Quand on est un enfant violé, quand on est une femme violée, à l’intérieur, on vit une petite mort. Et ça, c’est pour toute notre vie. » Ces mots, prononcés avec simplicité, révèlent l'impact persistant des violences subies. Lundi soir, lors des rassemblements programmés devant les tribunaux, Lori Bess prendra la parole pour partager son message tout en insistant sur le caractère pacifique de ces événements. À la demande de la famille, le nom de Lyhanna ne sera pas utilisé, afin de recentrer l'attention sur la protection des enfants et des victimes dans un sens plus large.
« On veut parler des femmes, des enfants, de toutes les victimes. » Cette phrase résume l'importance de son message. Plutôt que de se concentrer sur une solution instantanée, elle souhaite instaurer une réflexion sur un malaise sociétal profond. Comment accepter que des signalements demeurent sans suite jusqu'à l'irrémédiable ? Cette question cruciale, Lori Bess entend la porter dans les rues, déterminée à ne plus laisser ces tragédies invisibles perdurer.







