Le 31 mars prochain, la ville de Caen (Calvados) sera le théâtre d'une vente pour le moins singulière. En effet, deux bateaux, auparavant utilisés dans un vaste trafic de cocaïne, seront mis aux enchères. Les propriétaires des embarcations n'ont pas encore été jugés, laissant planer un certain mystère autour de cette vente.
Les événements se sont déroulés entre le 3 et 4 avril 2025, lorsque des narcotrafiquants ont tenté de faire passer plusieurs ballots, contenant chacun entre 20 et 30 kg de cocaïne, près des côtes normandes. Selon une enquête menée par Le Parisien, ces ballots étaient destinés à être récupérés par des petites embarcations pour un transfert discret à terre. La gendarmerie maritime, cependant, était sur le qui-vive et a réussi à intercepter cette opération, entraînant l'interpellation de onze individus. Les deux bateaux, utilisés comme « relais », ont été saisis et sont désormais mis aux enchères par l'étude Caen enchères.
Des mises à prix attractives
Le premier bateau, surnommé « Lucky », est un chalutier de 18 mètres, immatriculé à Ouistreham, et a une mise à prix fixée à 100 000 euros, comme l'a précisé Me Jean Rivola, commissaire-priseur. Le second bateau est une vedette de plaisance Beneteau, modèle Antarès, basée à Tancarville en Seine-Maritime, dont le prix de départ est fixé à 10 000 euros.
Ces deux embarcations, qui auraient joué un rôle clé dans le transport de la drogue, ont été confisquées et seront vendues au profit de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). La législation en vigueur permet de telles ventes même si les individus impliqués n'ont pas encore été jugés, ce qui fait de cette enchère un événement rare. Il convient de noter que les acheteurs potentiels devront verser une caution de 30 000 euros avant la vente, assurant ainsi la validité de leur intention d'achat. Cette somme sera restituée si l'acheteur ne remporte pas le lot.







