Depuis le 28 février dernier, les États-Unis et Israël s'élancent conjointement contre la République islamique d'Iran, en réponse à l'assassinat de l'ex-leader iranien Ali Khamenei. Bien que leurs objectifs de neutralisation du programme nucléaire iranien soient concordants, des signes de tensions commencent à s'installer.
Selon Anne-Sophie Sebban-Bécache, directrice de l'American Jewish Committee à Paris, l'alignement stratégique sur la neutralisation du régime reste fort. Cependant, des divergences commencent à apparaître, entachant cette dynamique. Le média Axios a rapporté que les États-Unis étaient "consternés" par l'intensité des frappes israéliennes visant les dépôts de carburant de Téhéran.
Récemment, Donald Trump a affirmé que la frappe sur le champ gazier de South Pars était exclusivement une opération israélienne, laissant entendre une distance dans la coordination. Blandine Chelini-Pon, professeure de relations internationales, souligne que ces divergences sont également perçues au fil du temps, remettant en question la coopération initiale.
"Ce qui était invisible au début de la guerre commence à se manifester clairement", note Blandine Chelini-Pon.
Sur ce point, certains experts comme Sebban-Bécache estiment que ces discordances pourraient être exagérées et que la pression américaine pour un règlement rapide pourrait s'accroître. "Il est envisageable que les États-Unis souhaitent clore ce conflit plus rapidement que ne le désire Israël", ajoute-t-elle.
La réticence de Trump face à un conflit prolongé
À un moment où Benjamin Netanyahu s'oppose fermement à tout dialogue avec l'Iran, Trump, de son côté, semble adopter une approche pragmatique. Le soutien à une guerre prolongée n'est guère prisé à quelques mois des élections de mi-mandat, où une majorité des Américains s'oppose à l'intervention militaire contre l'Iran, selon un sondage de CNN.
D'un autre côté, Trump affirme que l'Iran est désireux de négocier, bien que Téhéran ait toujours nié cette approche. Anne-Sophie Sebban-Bécache évoque la possibilité que Trump cherche à forcer l'Iran à la table des négociations, pour éviter une escalade qui pourrait lui échapper.
"Pour Netanyahu, la guerre actuelle représente une opportunité de faire tomber son principal adversaire", conclut Chelini-Pon, en précisant que cette dynamique reflète un désaccord fondamental entre les deux alliés.
Alors qu'Israël reste en faveur de la poursuite de la pression militaire, les États-Unis commencent à mesurer les conséquences potentielles sur leur 영향 au Moyen-Orient, une dynamique soutenue par une augmentation significative des prix des hydrocarbures. Les préoccupations sur la crédibilité des États-Unis dans la région è deviennent pressantes.







