Les navires désireux de traverser le détroit d'Ormuz devront désormais respecter des itinéraires modifiés. Cette décision a été annoncée jeudi par Téhéran, évoquant la nécessité d'éviter des collisions avec d'éventuelles mines marines.
La marine des Gardiens de la Révolution iranienne a précisé que, pour des raisons de sécurité, les navires devaient désormais passer entre la côte iranienne et l’île de Larak. Ce changement est intervenu suite à une série de préoccupations, notamment la proximité d'infrastructures maritimes et la menace d'engins explosifs sous-marins dans les eaux proches d’Oman.
« Dans le but de garantir la sécurité maritime et d'éviter des incidents avec des mines, une coordination est en place avec la marine des Gardiens de la Révolution. Les barges et pétroliers sont invités à suivre ces nouvelles voies, » a rapporté un média iranien en citant un communiqué militaire. Ce dernier était accompagné d'une carte maritime, décrivant les nouveaux parcours au sud et au nord de Larak.
le « péage de Téhéran »
Pour accéder au Golfe depuis la mer d'Oman, les navires doivent désormais naviguer à travers ce qui est surnommé le « péage de Téhéran » par la renommée revue maritime Lloyd's List. Cet itinéraire serpente au sud de l'île de Larak, éloignant les navires de la route habituelle, souvent plus proche des côtes d’Oman. Des données récentes indiquent qu'une majorité des traversées s’effectue désormais au sein des eaux territoriales iraniennes afin de répondre à ces nouvelles directives.
La situation devient encore plus complexe avec un récent cessez-le-feu convenu entre les États-Unis et l'Iran, permettant une réouverture temporaire du détroit d'Ormuz, qui est d'une importance cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures. Depuis le début des hostilités, le passage s'est fortement réduit, les forces iraniennes maintenant un contrôle étroit sur cette voie stratégique.
D'après les chiffres fournis par Kpler, une entreprise spécialisée dans l'analyse maritime, seulement 307 navires ont été recensés transitant entre le 1er mars et le 7 avril, marquant un effondrement d'environ 95 % des passages par rapport à la période antérieure à la guerre. En temps normal, ce détroit est le point de transit d'environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) circulant à l’échelle mondiale, reliant le Golfe aux principales routes maritimes internationales, faisant de ces changements une question d'importance économique majeure.







